Nous avions quitté Cédric O’Heix en demi-finale de la « Nouvelle Star » en 2008. Il sort enfin son véritable premier album, « La Horde » (il en avait enregistré deux auparavant !). Nous avons donc été à la rencontre de Cédric quelques jours avant la sortie de « La Horde » pour savoir dans quelles circonstances il a travaillé sur les titres qui composent cet opus si personnel et pourtant dans lequel beaucoup se retrouveront. Après 15 ans passés sur les mers du globe, Cédric O’Heix, le marin au long cours, nous a charmé avec sa voix suave. À la fois crooner et rocker, Cédric O’Heix nous livre aujourd’hui douze titres classieux et élégants dans lesquels il évoque sa vie de marin, ses départs, ses retours, ses ruptures, ses amours et ses espoirs… IdolesMag : Dans quel état d’esprit es-tu avec ce premier album qui sort ? Bien que tu aies tout de même deux albums déjà à ton actif… Cédric O’Heix : Je t’avoue que j’étais vraiment très très impatient qu’il sorte parce que c’est un album sur lequel on a fourni un travail de fous. Ça représente plus d’un an et demi de travail. Et le résultat est là aujourd’hui, même si l’album est prêt depuis un bout de temps, on attendait vraiment le bon moment pour le sortir. Il a mis longtemps à sortir, donc, je suis à la fois heureux et ému de sa sortie et à la fois un peu soulagé parce qu’on va enfin pouvoir attaquer la suite… Et cet album est en français, par rapport à ce dont nous parlions tout à l’heure [NDLR : Avant l’interview, nous avions longuement parlé de la difficulté d’imposer la chanson française par rapport à la chanson anglaise], c’est vraiment une révélation. Avant, j’écrivais des chansons en anglais, c’étaient des chansons un peu à deux dimensions. Il y avait une voix et une musique. Dans la chanson française, tout devient beaucoup plus évident. Je crois que je ne l’avais jamais vraiment fait parce que j’avais certainement peur de me confronter aux autres… ça, c’est bien une affaire de mecs ! C’est vraiment comme le complexe du vestiaire… (éclats de rires) Quand je lis des textes de Brel, Brassens et tant d’autres, je me sens encore tellement loin derrière ces gens-là… Mais en même temps c’est une référence qui est tellement difficile à tenir et une comparaison qui est tellement impossible à assumer, qu’à un moment donné je me suis pris pour un autre. En tout cas, la démarche d’écriture, la recherche de sujets, l’interpénétration entre ma vie quotidienne et les chansons que j’écris, tout est tellement connecté avec les expériences que j’ai pu vivre, ma vie sur les bateaux,… Je suis tellement imprégné par ça que je n’ai pas trouvé d’autre moyen que d’en parler dans mes chansons. J’y parle de départs, de retours, d’amour, de frustrations,… C’est une expérience d’écriture qui est vraiment passionnante. En même temps il y a des chansons qui sont sorties vraiment rapidement. Limite en deux heures. Et d’autres que j’ai mis beaucoup plus de temps à finir. Au départ, il y a une musique, un refrain, et rapidement, le décor est posé. Mais avant d’enregistrer vraiment la chanson et de la terminer, j’ai parfois galéré pendant 6 mois sur certains titres…
Ah non, et j’y pense jour et nuit ! Je suis une tête de mule, tu sais… (rires) Je vais m’accrocher sur la chanson, tout en étant conscient que ça ne sert à rien non plus d’insister parce qu’il ne faut pas forcer la machine. Parfois, il faut savoir attendre, vivre une nouvelle expérience, pour terminer une chanson. Il faut laisser l’inconscient travailler. L’important, c’est de revenir régulièrement dessus. Et surtout ne rien lâcher. On ne peut pas abandonner une chanson sous prétexte qu’il lui manque trois mots ! Ce serait trop bête… Et si tu bloques vraiment, tu en parles à des amis ? Oui. Sur certains titres, il y a eu une collaboration. Ce sont des titres sur lesquels j’avais des impressions bizarres, ce n’était pas très net dans ma tête au départ et je n’arrivais pas à emboîter tous les éléments pour trouver une sorte de logique cohérente. Du coup, j’ai appelé mon pote David Scrima et je lui ai envoyé mes idées. Une heure après, il m’a débloqué la situation en me donnant quelques pistes et en me mettant quelques petites articulations. Et du coup, tout a pris son sens. Il faut de temps en temps travailler avec les autres, ça apporte beaucoup. J’ai fait comme ça quelques expériences déjà. J’ai donc travaillé avec David Scrima, et sur un autre texte, j’ai travaillé un peu avec Vincent Baguian. Tous les deux sont des pointures en écriture. À deux, il y a une certaine émulation qui se produit aussi. Oui. C’est ça. Ce qui fait le point commun de tous ces auteurs, dont c’est le métier, c’est qu’ils sont tous très réactifs. David l’est particulièrement. Et il y a une espèce de gymnastique et d’échange très très rapide qui se fait entre l’artiste avec qui il travaille et lui, de même avec Vincent Baguian. Ce sont des gens qui donnent de la lumière, ce sont des gens qui écrivent des chansons depuis 15/20 ans, qui ont vraiment un style unique, une patte qui est la leur, ils ont une aisance de jonglage avec les mots qui est surprenante. Et ils arrivent bien souvent à une solution. C’est un peu comme au tennis, il faut être mûr pour proposer quelque chose de bien. Parolier, c’est vraiment un métier à part entière, dans lequel il faut évidemment de la sensibilité, de la culture… tout en restant simple. Il faut accepter de donner, de se livrer aussi quand on écrit un texte. C’est quelque chose pour laquelle je sens que j’ai encore tellement et tellement à apprendre. J’ai tellement envie de faire mieux que je suis impatient d’attaquer le deuxième album…
Ah oui ! Tu sais, depuis qu’on a vraiment bouclé la liste des douze titres du premier album, j’ai fait l’inventaire de ce que j’avais en stock. Ce qui est fini, ce qui ne l’est pas… Et là, je dois avoir une cinquantaine de titres… C’est vraiment une discipline que j’adore, l’écriture. C’est finalement ce qui me plait le plus dans ce métier. Ce n’est pas tellement de voir ma tête sur une pochette de disque, même si c’est sympa. Le plus excitant dans ce métier, le vrai plaisir, c’est quand tu cherches une chanson, un air ou un mot, que tu es un peu aux aguets… Et hop, il y a quelque chose qui t’embarque, tu ne sais pas pourquoi, et tu bascules. Instantanément, tu entends la chanson, tu la vois. Et après, tu assembles les morceaux, tu colles une guitare ou une batterie, tu colles une voix… Et d’un coup, tu construis ton truc. Ça peut se faire très rapidement, en une après-midi, tu fais une belle chanson, une belle maquette. Quelques semaines ou quelques mois après, tu te dis que finalement, ce n’était peut-être pas si bon que ça. Mais sur le moment, c’est du pur bonheur. Tu as vraiment l’impression d’avoir fait une vraie découverte sur toi et pour l’humanité ! (rires)
Tu me dis que tu as une cinquantaine de titres à ton actif, et te connaissant, tu continues à écrire et composer. Que vas-tu faire de ces chansons ? Les proposer à d’autres artistes ? Écoute, j’aime bien l’idée. Je ne pourrais pas forcément proposer ces chansons-là à d’autres artistes parce j’ai un peu de mal à imaginer les chansons que je chante dans la bouche d’un autre. C’est peut-être juste une mauvaise idée… Par contre, j’ai proposé des chansons à d’autres artistes directement, des chansons que je n’ai pas écrites pour moi. Et du coup, c’est un exercice encore plus facile parce que tu échappes à toutes les petites barrières mentales que tu t’imposes par rapport à ta famille, tes amis et ton passé. Et d’un seul coup, ça devient très très ouvert parce que finalement, tu peux dire ce que tu veux. Tu peux aborder n’importe quel sujet. Finalement, ce n’est pas toi qui sera derrière la guitare ou le micro… À un moment donné, on a travaillé sur quatre ou cinq titres qu’on a proposés à Florent Pagny. Les grandes maisons d’édition font souvent appel à des artistes pour trouver des chansons pour tel ou tel interprète. Je savais qu’ils préparaient un album pour Florent. Ils ont fait une sélection de 300 chansons. C’est énorme sachant que derrière, Florent Pagny les écoute toutes et fait sa sélection lui-même. Ce sont les premières chansons sur lesquelles je travaillais finalement pour quelqu’un d’autre. C’est vraiment intéressant. Par contre, pour ce qui est des chansons que j’ai écrites pour moi, j’ai envie de dire que c’est un peu mon œuvre personnelle. Elles resteront peut-être au fond d’un tiroir, ou peut-être pas, je ne sais pas… Tu es tout le temps en mouvement, tout le temps en train de créer. Voilà. C’est vraiment quelque chose de passionnant et d’intéressant. C’est génial l’inspiration. Tu es en train de bricoler quelque chose et tout d’un coup, ça vient… Mais l’inspiration vient quand tu travailles, ça ne vient pas quand tu prends ton café. C’est dans une démarche de recherche et de travail que de temps en temps il y a une petite fenêtre lumineuse qui te fait entrevoir quelque chose. Il y a un petit côté miraculeux dans la création. C’est vraiment génial. J’aime beaucoup ça.
Très sincèrement, je n’ai rien retouché depuis un an. L’album est prêt depuis un an, après, ce sont les aléas des réseaux de distribution, il faut signer les contrats avec les maisons de disques et les distributeurs. On était au départ distribué exclusivement en digital sur Believe, ce qui est une très bonne chose, sauf que ça ne crédibilise pas beaucoup le projet. Du coup, comme on avait envie de faire exister le disque, comme on y croit beaucoup, il fallait qu’on trouve une distribution physique. Donc, ça a impliqué en cours de route de changer de distributeur, et tout ça, ça prend du temps… C’est épouvantable. L’album était censé initialement sortir en septembre 2011 et entre temps, on a réfléchi à la question, Musicast s’est présenté sur notre route. C’est un distributeur qui travaille très bien. Et donc, comme Musicast croyait également au projet, ils vont distribuer l’album en physique dans toutes les Fnac, les Leclerc, les Auchan et compagnie… L’objet physique reste important pour « entrer dans le salon des gens ». C’est fondamental. Je m’en rends compte même personnellement, par rapport à mes démarches et ma façon d’en parler. Tant que c‘était des titres en MP3 en téléchargement, pour moi, ils n’existaient pas vraiment. C’est un peu une mentalité de trentenaire passé, je sais (rires), mais tant que tu n’as pas l’objet entre les mains, tu n’as pas l’impression qu’il existe. Un album en jpeg, pdf ou mp3, ça reste virtuel. Et même dans les démarches qu’on a pu faire après, quand il faut se présenter par rapport à un festival, une salle de spectacle, un journal, un magasin où je pourrais faire un show case, tant que tu n’as pas de disque physique, tu ne peux pas montrer qui tu es, tu n’existes pas.
Le digital reste volatile. Tout à fait. J’ai tenté l’expérience Noomiz, j’ai eu un peu de mal à comprendre l’intérêt et comment ça marchait. Mais c’est rigolo, c’est un peu comme à l’époque avec facebook, j’ai monté un profil, et j’ai posté des versions alternatives et acoustiques des titres de l’album. J’en ai mis 5. C’est très simple le principe. Tu enregistres une version guitare voix chez toi, et tu fais quelques arrangements. J’enregistrais mes chansons en 10 minutes et puis je les postais sur le site. C’est vrai que c’est tellement simple, mais au final, ça reste des versions acoustiques disponibles uniquement sur internet. Ce n’est pas un disque. Le disque, c’est une autre étape. Professionnellement, ça crédibilise complètement ton projet, du moins, c’est comme ça que je le ressens. Quand tu es sorti de la « Nouvelle Star », avais-tu une idée très précise de ce que tu voulais faire comme album ? Parce que j’imagine que tu as dû avoir plein de propositions différentes. Oui… J’étais rentré dans la « Nouvelle Star » en chantant une chanson en français que j’avais écrite. Je ne connaissais pas l’émission, donc, je n’avais pas cette idée « Oh je ne vais pas rentrer dans le monde impitoyable de la télévision… » Finalement, je me suis dit en cours de route que le plus important, c’était d’avoir une vraie démarche artistique et de faire les choses soi-même. Me mettre en position d’interprète en chantant les chansons des autres, déjà, je trouvais ça beaucoup moins intéressant artistiquement. Dans le métier, c’est très difficile de gagner sa vie en étant juste interprète. Dans l’univers de la musique, c’est en étant auteur et/ou compositeur que tu peux espérer gagner un peu d’argent sur ton travail. Donc, je n’avais pas envie de ne faire que de l’interprétation. J’avais envie de faire quelque chose de personnel. En sortant d’une émission comme la « Nouvelle Star », clairement, tu as beaucoup de propositions qui s’offrent à toi. Et du coup, tu réalises que tu as un potentiel populaire et que des gens peuvent s’intéresser à toi. J’avais une confiance nouvelle en moi et j’ai eu envie de proposer quelque chose de vraiment personnel. Après coup, maintenant que ton projet a vu le jour, dirais-tu que « Nouvelle Star » a été un accélérateur ou que ça t’a plutôt freiné ? Dans le domaine de la musique, il faut que les gens se rencontrent pour que ça marche. Après l’émission, pendant à peu près trois ans, je suis resté à Paris. Si je n’y étais pas resté, je n’aurais jamais rencontré les musiciens avec lesquels j’ai eu envie de travailler, je n’aurais pas rencontré Polérik Rouvière qui s’est occupé des arrangements des titres de l’album et qui m’a pris dans son label par la suite. Donc, finalement, « Nouvelle Star » a été un accélérateur. Globalement, aujourd’hui, pour un artiste, être diffusé en prime time sur une grande chaîne de télé comme la une, la deux, la trois ou la six, c’est juste extraordinaire, c’est le Saint Graal. Il y a tellement d’artistes qui seraient prêts à vendre père et mère pour passer ne fut-ce qu’un soir ! Ce genre d’émission c’est un coup d’accélérateur énorme. C’est une vraie chance. Après, il y a un prix à payer derrière, c’est sûr… Mais bon, comme dans tout il y a du bon et du moins bon.
Sur l’album, ça part dans beaucoup de directions. Il y a des choses très maritimes, un peu bretonnes, il y a des choses plus western, des choses plus « chanson », peut-être un peu plus conventionnelles et moins marquées au niveau du style, du style « un jour de solitude ». « La Horde Sauvage », c’est un titre que j’aime bien, parce qu’il est dans le double sens, dans l’ambiguïté. Pour moi, ça évoquait bien cette espèce d’état d’urgence, de rush amoureux et de sentiments quand tu es assailli d’amour pour quelqu’un. « La Horde », ça évoquait aussi évidemment un vieux film avec Henry Fonda [« Mon nom est personne »] qui affrontait tout seul dans le désert la Horde sauvage… C’était assez rigolo. Donc, il y a des références multiples. Mais vraiment la référence essentielle, c’est cette sensation que tu éprouves quand quelqu’un te manque, cette espèce de rush émotionnel que tu ressens et qui s’empare de toi. C’est un peu cette magie de la rencontre, les premiers instants, les premières secondes de la rencontre avec quelqu’un qui sera, ou pas, important pour toi plus tard. C’est quelque chose qui me plait beaucoup. Tu sais, quand tu es marin, tu passes ton temps à partir et à revenir. Les rencontres dans ma vie, pendant des années, se sont limitées à des premières rencontres et des découvertes…
Est-ce qu’il y a une chanson de l’album pour laquelle tu as un peu plus de tendresse que pour les autres ? C’est plutôt dans l’histoire de l’enregistrement, que pour la chanson en elle-même. Quand j’ai commencé à maquetter et à faire un premier travail sur les chansons de l’album, j’ai rencontré le guitariste de Kyo, Nicolas Chassagne. Très gentiment, il m’a prêté le studio d’enregistrement de Kyo à Paris. Et la première chanson que j’ai faite là-bas, c’est « La Foule des Choses ». Pour le coup, c’était vraiment une démarche très perso, très intime. J’étais dans une petite cabine avec juste une petite lampe de chevet au-dessus du bureau. J’étais vraiment livré à moi-même dans cet endroit qui est assez isolé dans le fond. J’avais un ukulélé, ma guitare et une basse. Pour revenir sur l’effet de la création, quand j’ai fait ce morceau-là, vraiment j’ai eu l’impression de vivre un petit moment magique, complètement solitaire… Là, j’ai mis sur Noomiz la version acoustique du titre que j’avais faite en studio. Je l’ai ressortie, j’étais assez content de la retrouver. C’est aussi une des premières collaborations avec Polérik quand il a été question d’album. C’est le premier morceau que je lui ai proposé. Je le lui ai donné tel quel. Je lui ai donné les pistes de guitare, de basse, etc… Et il a tout conservé tel que je l’avais fait pendant les prises de son. Tout est resté tel quel. On a repris le morceau et il a juste ajouté derrière quelques éléments d’arrangement, des cordes, etc… Il a bien habillé le truc. Et finalement, c’était une belle collaboration. Parce qu’on est parti d’un moment très très intime et très très personnel dans ce studio pas éclairé pour ensuite passer entre les mains d’un réalisateur et arrangeur qui a vraiment du talent et pour aboutir à quelque chose de très atypique dans le fond. C’est très difficile de comparer ce titre à un autre morceau de chanson française. C’est un morceau pour lequel j’ai beaucoup d’affection. En plus, on l’a encore répété hier après-midi. Je prends vraiment un plaisir monstrueux à le jouer et le chanter. C’est une espèce d’intensité qui oscille, qui passe de moments de fragilité à des moments de grande intensité. Ça me plait beaucoup…
Ah oui, complètement. C’est-à-dire que très honnêtement, je ne suis pas très doué pour ça. Très clairement, le métier d’arrangeur existe parce qu’il faut quelques notions de science musicale. Tout ce que je fais, je le fais à l’instinct. Je ne suis pas multi instrumentiste, je crée mes chansons avec mon savoir, sans plus de prétention que ça. Pour faire des arrangements, il faut apprendre la musique et la connaître parfaitement. J’adore ça, j’adore participer à des sessions d’arrangements, mais je ne suis pas le meilleur pour ça ! Tu te rends compte qu’en fonction de tel ou tel arrangement, tu peux amener un morceau d’un univers à un autre sur deux fois rien. C’est assez génial. Sur toutes les chansons qu’on a faites, je suis certain que si on donne les bandes guitare-voix à un autre arrangeur, on aura un travail très différent. Ce qui permet d’imaginer un univers différent et même des histoires différentes. Sur un album comme le mien où il y a beaucoup d’arrangements, le travail de l’arrangeur est fondamental. Il y a quelques scènes prévues. Quel est ton rapport à la scène ? J’ai joué mardi dernier. Je suis toujours très content de jouer. Clairement, je pense que si je partais en tournée et que je devais jouer tous les soirs les mêmes chansons de l’album, je pense que peut-être je m’en lasserais assez rapidement. Je dis bien peut-être. Je ne sais pas trop en fait… mais je le pense. Je n’ai jamais vraiment enchaîné les dates comme un fou. La scène, c’est un exutoire, mais je me mets beaucoup de pression. Comme je te le disais tout à l’heure, je fais un peu les choses de manière instinctive, et il n’y a rien de plus instinctif finalement que la scène. Il y a quelque chose de physique qui me plait bien. C’est clair que quand tu es sur scène, que tu donnes tout ce que tu peux donner, que tu fais ressortir ton côté bestial, c’est génial. Tout d’un coup, tu vas être frissonnant de plaisir. C’est magique l’effet de la musique sur le corps. C’est vraiment extraordinaire. Par contre, pour vraiment profiter du moment, j’ai besoin d’avoir une préparation en béton armé. Si c’est pour jouer avec des musiciens que je ne connais pas bien, ça ne m’intéresse pas, c’est clair. Du coup, on ne va pas se lâcher. L’idée, c’est de se lâcher pour aller chercher le meilleur de nous-même. Et pour ça, il faut que les gens soient prêts.
Va-t-il y avoir des dates en province ? On joue pas mal dans le sud, puisque maintenant j’habite à Cannes. Il va y avoir aussi pas mal de show cases dans les Fnac pour la sortie de l’album. Ce sera donc une espèce de petite tournée. Je suis très impatient, parce que je pense que c’est vraiment sympa de venir présenter son album comme ça au public. C’est une réelle opportunité pour aller à la rencontre des gens qui n’iraient pas forcément dans des concerts. Là où j’habite dans le sud, et bien, il n’y a pas grand-chose concrètement en termes de concerts. Donc, cette tournée de Fnac permet d’attraper des gens qui passaient par là, qui ont vu de la lumière, qui ont entendu de la musique et qui se sont approchés pour écouter… La perspective de faire cette mini-tournée et de prendre le public par surprise me plait bien ! Ça m’excite !
C’était forcément une cassette à l’époque… (rires) C’était assez tard parce que je n’avais pas d’argent de poche. Je ne vivais pas dans la misère, je te rassure ! (rires) Mais en 1987, après avoir découvert U2 grâce à ma grande sœur, j’ai acheté « The Joshua Tree ». À cette époque, j’étais parti 3 mois en Irlande, dans ma famille, puisque j’ai une partie de ma famille qui est irlandaise. J’y suis parti tout un été. J’étais dans un trip complet « Oh la la, je parle anglais couramment » etc… On passait nos après-midi dans les champs, on ramenait le bétail le soir à vélo dans des espèces de pré d’un vert plus vert que vert, et le soir en écoutait U2 sur un radiocassette dans la cuisine… C’est le premier album que je me suis acheté. Et c’est, je pense, l’un de leurs meilleurs. Propos recueillis par IdolesMag le 1er mars 2012. -> Site officiel : http://www.cedric-oheix.fr/ Tweet |
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