Interview de Kerredine Soltani  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 03/04/2012.
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Kerredine Soltani © JC Polien

Auteur compositeur du désormais célèbre « Je Veux » de ZaZ, Kerredine Soltani sort son premier album, un album aux accents jazz manouche pour le moins engagé et très différent de ce qu’il écrit généralement pour ses interprètes. Au cours de notre entretien, Kerredine nous expliquera pourquoi il se retrouve aujourd’hui interprète, alors que ça ne lui avait pas effleuré l’esprit. Il reviendra évidemment également sur son parcours et ses nombreux projets, dont le futur album de Sofia Essaïdi. Rencontre avec un artiste qui fabrique ses chansons avec sincérité, un « Fils de la Bohème »…

IdolesMag : On te connait en tant qu’auteur-compositeur. On te découvre aujourd’hui interprète. Est-ce que ça te démangeait de sortir un disque depuis longtemps ?

Kerredine Soltani : Ah non pas du tout! J’étais à des années-lumière d’enregistrer un disque…

Qu’est-ce qui t’a décidé alors ?

En fait, ce qui s’est passé, c’est que, comme tu le sais, j’écrivais beaucoup pour les autres. Et quand j’écris pour quelqu’un d’autre, j’essaye toujours d’écrire ce que l’interprète pourrait penser. C’est un travail assez compliqué de se mettre dans la peau d’un chanteur et de se dire « Ok, je le connais un minimum, il est comme ça. Je connais un peu ses positions. Il pense comme ça… » Et du coup, il y avait des jours où je n’avais pas envie de faire ce travail-là. J’avais envie de me laisser aller et d’écrire ce que je pensais moi. Et du coup, je me suis très vite rendu compte que c’était impossible que quelqu’un d’autre puisse chanter ça. C’est comme ça que j’ai écrit mes chansons. On les a jouées avec mes potes dans la rue. Et de fil en aiguille, on m’a proposé de faire un disque. Je n’y croyais pas trop parce que je trouvais ça trop personnel et pas assez populaire dans les textes. Du coup, tu reviens six/sept mois en arrière et tu me dis « tu vas sortir un album chez Warner l’année prochaine », je te réponds que c’est impossible. (rires)

Est-ce que ça a été difficile pour toi de te positionner en tant que chanteur ?

Pas du tout. Si demain tu passes un examen et que tu le sais depuis 3 mois, ça fera trois mois que tu stresses. Moi, je suis devenu chanteur sans jamais y avoir pensé. Je me suis un peu auto-parachuté. Et donc, je n’ai pas vraiment eu le temps de préparer tout ça. Je n’y ai pas pensé. Je n’ai pas eu tout ce cheminement « je le fais, je ne le fais pas… » Tout s’est fait vraiment rapidement.

As-tu écrit ces chansons, pour le coup très engagées, parce que tu trouvais que la chanson française ne se mouillait pas trop à l’heure actuelle ?

Tu sais, j’ai une approche des choses très spontanée. Ça me permet de ne jamais stresser, parce que je fais les choses sur le moment, et avec le cœur. Je ne suis pas quelqu’un qui prépare les choses. Du coup, quand j’ai écrit ces chansons-là,  chaque chanson je l’ai écrite sur un moment précis et jamais en me disant « tiens, il faudrait que j’écrive là-dessus… » C’est vraiment très spontané, j’ai envie de faire un truc, je le fais. C’est aussi simple que ça.

Pars-tu plus souvent d’une bribe de texte ou d’une mélodie ?

Je pars toujours d’une mélodie. Parce que pour moi, la mélodie est toujours plus touchante que le texte. Quand je parle avec toi, il y a mes mots, et il y a mon intention. En fonction de l’intonation et de l’intention que tu mets sur les mots, le message est différent. La mélodie transmet une émotion qui est très très forte. Avec les mêmes mots, on peut toucher des personnes tout à fait différentes. Dans une chanson, la mélodie a donc à mon sens plus d’impact que les mots. C’est pour ça que je commence toujours par elle.

Écris-tu beaucoup ?

Oui. Essentiellement parce que j’ai une approche presque journalistique de la chanson. Je ne suis pas comme certains artistes qui vont te faire un album en cinq ans. J’ai l’impression qu’ils se forcent à écrire, en fait. Certains ont besoin de se retrouver dans des circonstances particulières, dans une maison de campagne ou que sais-je, pour trouver l’inspiration. C’est-à-dire qu’ils se forcent, que ce n’est pas naturel. Même si ce sont de très bons auteurs ! Je ne critique pas. Souvent, d’ailleurs, ils reviennent quelques mois après sur leurs textes pour changer des mots. Moi, ce n’est pas du tout ça, je n’ai pas la même démarche.

Ton écriture est donc très instinctive, en fait.

Ah oui. J’ai une écriture très instinctive et très spontanée. Et très sincère aussi. Je ne suis pas du tout dans la recherche de mots. Il y a des chanteurs français qui ont écrit des chansons magnifiques et il leur a fallu des mois pour écrire le texte parce qu’ils cherchent la perfection du mot. Alors que moi, ce n’est pas du tout ça. C’est la spontanéité de l’instant. J’écris ce que je ressens.

Tu ne retouches plus après ?

Jamais. Je vais te donner un exemple… « Je veux » de ZaZ. En théorie le deuxième couplet doit garder le même thème, avec un autre truc. Sauf que cette chanson je l’ai écrite en dix minutes, je suis arrivé tout de suite après en studio parce que ZaZ était libre, et je n’avais pas écrit le deuxième couplet. Je me suis dit que je l’écrirais plus tard. Alors j’ai dit à ZaZ de dire « Je suis comme ça » trois fois et que je changerais le texte plus tard… Je ne l’ai jamais changé. J’ai beaucoup de mal à revenir sur une chanson… En fait, le texte de « Je veux » n’est pas terminé ! Quand je pense que ce titre a fait presque le tour du monde et que je n’ai pas encore fini le texte… (rires) Je n’en reviens pas !

Quand tu as écrit cette chanson et quand ZaZ l’a enregistrée, as-tu ressenti qu’elle allait avoir ce formidable destin ?

Non. Pas du tout. J’aimais beaucoup la chanson parce que c’est une chanson sur laquelle je me suis un peu plus lâché que sur d’autres. J’aimais beaucoup ZaZ, mais je ne pensais pas une seule seconde qu’elle allait marcher comme elle l’a fait. Je ne suis pas quelqu’un qui rêve. La destinée de cette chanson, je n’y pensais pas. Comme pour les choses de la vie, en fait. Je ne regarde pas l’horizon en espérant quoi que ce soit, en me disant « J’espère que ça va être ça, que ça va faire ci… » Jamais ! Comme ça aussi, je ne suis jamais déçu.

Kerredine Soltani © JC Polien

Après la sortie de « Je veux », le grand public a entendu le nom de Kerredine Soltani partout. D’un coup, tu étais devenu l’auteur-compositeur incontournable. Comment as-tu vécu cette exposition médiatique soudaine ?

Alors, en fait, pour tout te dire, je ne suis pas quelqu’un qui explose de joie quand il lui arrive quelque chose d’extraordinaire dans la vie. Je ne suis pas comme ça. Je suis toujours assez posé dans mes sentiments. D’ailleurs, à l’inverse, il peut m’arriver un grand malheur, je ne vais pas me lamenter sur mon cas. Par contre, j’ai eu vraiment une grande émotion quand on a reçu la « Victoire de la Musique ». Je ne pensais pas du tout l’avoir. Et là, par contre, ça m’a fait un effet fou. Quand mes potes me disent que j’écris bien et que je compose bien, je me dis que ce sont mes potes. Quand les potes de mes potes me disent la même chose, je me dis que ce sont les potes de mes potes. Quand des gens viennent me voir en concert et me disent la même chose, je me dis qu’ils me l’ont dit parce que je me trouvais en face d’eux. Mais à partir du moment où j’ai eu la « Victoire de la Musique », j’y ai cru. Je me suis dit que oui, dans le fond, ce que je faisais, c’était peut-être bien…

Ça se concrétisait pour toi.

C’est ça. Quand on me fait des compliments, je n’y crois pas trop. J’ai toujours l’impression que c’est une forme de respect…

Après cette petite parenthèse sur « Je veux », on va revenir un peu à ton album si tu le veux bien… Le jazz manouche, est-ce une musique que tu écoutes depuis longtemps ?

Non, pas du tout. En fait, j’étais en couple, et je me suis retrouvé à la rue du jour au lendemain. J’ai donc pris ce qu’on m’a proposé : un 30m² dans la Rue Oberkampf. J’étais un peu à la dèche et j’allais travailler dans un bar. Et dans ce bar, on jouait du jazz manouche. La première fois, j’ai trouvé ça ennuyeux, parce que comme je te l’ai expliqué, ce que j’aime dans la musique, c’est la mélodie. Et il n’y a pas trop de mélodie dans le jazz manouche. Les mecs jouaient ça pendant trois heures… ça m’ennuyait ! Un peu plus tard, j’ai trouvé ça hyper technique. Je me suis dit que ces mecs étaient tout de même super doués par rapport à des musiciens normaux. Et encore un peu plus tard, je me suis demandé pourquoi ne pas mélanger mon côté populaire avec ce côté hyper technique pour en faire un truc très à part. C’est ça que j’ai voulu faire…

Et donc, ça a été une évidence pour toi quand il a été question de faire ton album, de partir dans une direction jazz manouche.

Ah oui. Quand on a un côté populaire, comme j’en ai un, on peut très vite tomber dans la facilité du déjà fait. Et pour moi, le jazz manouche, c’est quelque chose qui me protège contre les mauvaises critiques. Parce que le jazz manouche, c’est vraiment un truc hyper branché et hyper technique. Ça joue, quoi ! Je me sens protégé par le jazz manouche. Il y a un côté un peu stylé, comme on dit chez les jeunes… Mais ça reste de la variété.

Il faut garder ce côté populaire, c’est ce qui plait au public aussi.

Bien sûr. Moi j’aime bien être populaire mais avoir une touche en plus. Et cette touche, c’est le jazz manouche. Du coup, effectivement, jusqu’à présent, même les mecs qui sont hyper contre la variété adorent ce que je fais. Là, je me dis que j’ai réussi.

Tu as co-composé l’album avec Tryss. Vous travaillez souvent ensemble. As-tu besoin de te retrouver comme dans un petit cocon, ou du moins avec une équipe que tu connais bien ?

Non, pas du tout. J’aime bien les nouvelles rencontres. Par contre, j’aime bien travailler avec des personnes droites. Dans ce milieu, j’en ai rencontré des bons et des mauvais. Je n’en veux pas aux mauvais, mais je préfère ne plus les revoir. Mais je ne leur en veux pas ! Les mauvais que j’ai rencontrés, je les évite. Tryss, lui, est un très bon ! Et les personnes très bonnes et très droites, j’aime bien les emmener avec moi.

Il y a un duo avec ZaZ sur l’album. Pourquoi l’as-tu choisie elle ? Toi qui as fait chanter tellement de chanteuses…

C’est tout simple, je voulais sur ce titre une voix un peu vieillotte. Pour moi ZaZ, elle a un transistor des années 50 dans sa gorge ! (rires) Du coup, c’était évident que ce devait être elle qui vienne chanter avec moi. Je l’ai donc choisie pour son timbre, moins pour sa popularité.

Tu as déclaré il n’y a pas si longtemps que tu étais beaucoup plus calé en politique qu’en musique. Le penses-tu réellement ?

Ah oui, je suis un cancre en musique ! Je fais partie de ces personnes qui ne connaissent la musique qu’à travers la radio ou le clip. Et ça s’arrête-là. Je connais les bons morceaux, ceux qui fonctionnent, mais de moi-même je ne vais pas chercher plus loin. La simple et bonne raison, c’est que je fais beaucoup de musique, je passe ma journée à en faire. Et quand je rentre chez moi le soir, je pense à tout sauf à écouter de la musique. Finalement, la musique, j’en fais tellement que j’en écoute très peu. Par contre, j’aime bien la politique, le débat politique. Hierj’ai tout de même acheté du disque. Mais pas des nouveautés… J’ai acheté du Brel, du Aznavour, du Dutronc et du Michael Jackson. Mais par contre, j’aime bien la chanson. Si je n’en écoute pas, ce n’est pas que je n’aime pas, c’est que j’ai besoin de me nourrir d’autres choses. Quand j’ai l’occasion d’écouter la radio et tout ça, je suis vraiment content. J’aime quasiment tous les trucs qui passent.

Tu ne te nourris pas de la musique des autres.

Pas du tout ! Et j’ai de la chance, parce que du coup, ça marche. Je sais qu’en studio, il y a certains compositeurs qui prennent des albums pour un peu s’influencer de riffs de guitare, de notes de piano… Ils s’inspirent des autres, ils copient un peu… Mais moi, pas du tout !

Kerredine Soltani © JC Polien

L’album sort à la mi-mai, juste au moment de l’élection présidentielle. Est-ce juste une coïncidence, un hasard de calendrier ?

On va dire que c’est ma destinée. J’aime bien ce mot. On n’a pas cherché réellement à se coller avec l’élection présidentielle, mais c’est la destinée de l’album de sortir à ce moment-là. Je dois trop aimer la politique… (rires)

Qu’est-ce qu’on écoutait chez toi quand tu étais gamin ?

Mike Brant, Stevie Wonder, Michael Jackson, Gilbert Montagné et Kool and the Gang…

Et toi, vers quelle musique t’es-tu dirigé?

La première fois, le rap. Je devais avoir 12 ans, quelque chose comme ça. Plus tard, j’ai découvert le R’n’B et après, la chanson française.

Comment en es-tu venu à la musique ? As-tu commencé par des textes ou des compos ?

Tu vas rire, mais de mémoire, je crois que j’ai écrit mon premier texte à l’époque où j’ai découvert Benny B ! Merci Benny B ! (rires)

Et après, tu as entretenu l‘écriture ?

Toujours. Même quand j’étais en CM1 ou CM2, j’écrivais des poèmes. J’ai toujours écrit. Du coup, je n’ai pas de problème avec l’écriture. J’arrive à trouver les mots facilement.

Et la composition, c’est venu en même temps ?

Non. Un peu plus tard, vers 16 ans…

Tu as fait pas mal de trucs dans ta vie, tout au long de ton parcours, as-tu toujours continué à écrire et composer ?

Toujours. J’ai même écrit des trucs de dance ! J’ai toujours écrit. Je ne sais pas combien de chansons j’ai pu écrire dans ma vie, mais vraiment beaucoup beaucoup…

Des scènes sont-elles prévues ?

On commence à tourner. On fait pas mal de concerts. On a joué par exemple ce week-end dans un squat devant plein de jeunes. Nous, nous sommes des artistes de rue avant toute chose. On amène guitare, violon et contrebasse dans la rue et ça le fait. On aime bien cette proximité. Avec les « Mecs d’Oberkampf », on n’est pas dans le schéma « on fait un disque. On espère qu’il va se vendre et après on fait un zénith. » On n’en est pas là. Nous, on est plutôt une petite brigade de rue qui va jouer chez des potes !

Quel est ton rapport à la scène ? Es-tu traqueur ?

Quand quelqu’un a une boule avant de monter sur scène, c’est en rapport avec un évènement précis. C’est-à-dire que c’est un évènement tellement important pour lui que ça le bouffe. En fait, tu vas trouver ça étrange, mais monter sur scène, ça ne me fait absolument rien. Une fois qu’on est sur scène, on joue et on rigole avec mes potes. On me dit que demain on remplit Bercy, et bien, ça me donnera autant d’émotion que si on allait chanter dans la rue. Pour moi, c’est exactement la même chose. Je ne fais pas de différence. L’autre jour, on a fait l’Olympia pour la première fois dans notre vie, ça m’a fait la même chose que quand on joue dans la rue. Je ne fais pas de différence parce que j’ai tendance à tout mettre sur le même pied. Je ne suis pas quelqu’un qui fait de différence entre une petite scène, un bout de trottoir ou une grande salle très connue… Je ne fais pas de différence entre les choses, comme entre les gens. Du coup, je n’ai pas cette espèce de trac que certains peuvent avoir. Et puis, je n’ai pas de trac, tout simplement parce que pour moi, chanter, c’est parler. Je n’apporte pas tant d’importance au chant. Tu me dis, « viens on va boire un verre et discuter », je n’aurais pas le trac. Pourquoi l’aurais-je si je monte sur scène ? La démarche est la même pour moi.

Kerredine Soltani © JC Polien

Chanter, pour toi, c’est parler.

Oui, c’est ça, c’est parler et partager avec des gens. Ce n’est pas un truc de fou. Certains artistes te disent que ça les transcendent de monter sur scène. Moi, pas. C’est juste normal. Je suis cool et zen sur scène. Je ne me mets pas de pression. Ce n’est pas comme si je devais prouver je ne sais quoi. Non, c’est juste du plaisir. Je raconte mes histoires. J’ai la chance d’être comme ça. Même dans ma vie de tous les jours, je reste maître de moi-même. Dernièrement, quelqu’un est venu me voir après le spectacle. Il m’a dit qu’il avait l’impression que j’étais dans ma cuisine ! (rires) C’est te dire comme je suis à l’aise…

C’est un moment comme un autre pour toi.

Tout à fait. La scène, les gens… Tu sais, demain, on me dit que je vais voir Obama, je ne serai pas plus impressionné que de t’avoir rencontré aujourd’hui. Je ne suis pas ébloui par la fonction ni par le statut de quelqu’un.

Tu travailles actuellement avec Sofia Essaïdi. As-tu d’autres projets ?

Oui. Effectivement, on est en train de travailler sur l’album de Sofia. Je travaille aussi avec une nouvelle chanteuse de folk, Amélie et un jeune chanteur de reggae.

Ce sont une nouvelle fois des univers très différents.

Oui, j’aime ça…

Généralement, tous ces artistes avec lesquels tu travailles, sont-ce eux qui viennent te trouver ou toi qui va les chercher ?

Un peu les deux. Il faut savoir que je passe des annonces… mais je ne mets pas mon nom ! Sinon, j’aurais trop de réponses (rires). Souvent, les mecs me répondent et m’envoient des maquettes. Je les écoute incognito et quand quelqu’un me plait, je le rencontre. J’aime bien partir de zéro avec un artiste. J’aime moins quand il a déjà fait un truc. Je préfère partir de zéro.

Pourquoi ?

Je déborde d’idées et j’aime bien construire un univers. Je n’aime pas forcément faire des chansons, mais j’adore créer un univers. ZaZ, elle chantait avec des rappeurs avant que je ne la rencontre. Du coup, j’ai construit tout un univers autour d’elle. Et ça, ça me plait autant que de faire des chansons. Avec Sofia Essaïdi, c’est la même chose, on est en train de créer tout un truc… Tu verras, c’est sympa !

En fait, quand tu écris pour un artiste, c’est du sur-mesure.

Tout à fait. Des fois on me demande d’envoyer des titres à un tel ou une telle. Mais je ne le fais pas. Jamais de la vie. Mon éditeur me demande des chansons pour les placer à droite ou à gauche. Il n’en est pas question ! J’écris pour une personne en particulier. C’est pour ça que ça fonctionne. C’est parce que j’ai écrit pour cette personne. Ça m’est arrivé de proposer des chansons à quelqu’un d’autre parce qu’un album n’a pas pu sortir. Une chanteuse m’a demandé si elle pouvait récupérer les titres. Les univers se rapprochaient et ça a fonctionné. C’était avec Caroline Costa.

Mais autrement, c’est du sur-mesure.

Oui. Je suis obligé. La sincérité a une place très importante chez moi.

Tu dois être sollicité de toutes parts actuellement…

Oui ! (rires) Mais il faut que je connaisse l’artiste avec qui je travaille. Sinon, c’est trop impersonnel…

Y a-t-il des gens pour qui tu ne voudrais absolument pas écrire ?

Non. Je n’ai pas de problème avec les gens. Parfois avec ce qu’ils disent, mais pas avec les gens. Dès que quelqu’un vient me voir pour me demander une chanson, je le prends comme un honneur.

Propos recueillis par IdolesMag le 3 avril 2012.








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