Après un premier album, « Garçonne », sorti en 2007, Angie Doll revient avec un EP, « À Priori », et un nouvel album, « Interview », dans une veine glam rock plus électro pop. Nous avons été à la recontre de cette artiste pétillante afin qu’elle nous parle de son projet. Angie ne manquera pas de revenir sur son parcours, sa passion pour Madonna et son rapport à l’image. Rencontre avec une artiste très girly, très pop, très tout ce qu’on aime en fait !… IdolesMag : Dans quel état d’esprit es-tu avec la sortie du EP et de l’album? Angie Doll : Je suis super excitée parce que je suis vraiment très fière de ce disque. C’est vrai qu’il s’est passé tout de même quatre/cinq ans entre la sortie du premier album, « Garçonne », et ce disque. Les choses ont vraiment beaucoup évolué. J’ai grandi et j’ai appris. Je suis aujourd’hui beaucoup plus impliquée dans la création des titres. Je me suis trouvée de plus en plus va-t-on dire. Je trouve que ce que je fais aujourd’hui me ressemble à 100%, et j’en suis très contente. Pourquoi avoir attendu quatre/cinq ans ? Était-ce un peu par la force des choses ou bien une réelle envie de ta part pour trouver ta « voie », entre guillemets ? Non, non, c’était une envie en fait. C’est vrai que c’est très long et je ne mettrai plus autant de temps la prochaine fois ! En fait, j’ai eu quatre enfants entre temps… Non ! Je rigole !! (éclats de rires)
Oui… mais non ! (rires) Plus sérieusement, on a essayé plein de choses. Et puis, le temps passe tellement vite. C’est terrible ! Entre temps, j’ai animé des émissions pour Cartoon Network et pour Télé Mélody. Donc, il s’est passé pas mal de choses. Actuellement, j’anime également une émission sur une radio, donc… on a travaillé sur plein de chansons. On en a laissé quelques-unes de côté. On a essayé d’autres choses. J’avais aussi envie que la couleur soit un peu plus électro. Et puis c’est vrai que comme on n’a pas un groupe, ça prend du temps pour réunir les musiciens et tout ça… Donc, ça a mis du temps, mais je n’ai pas vu le temps passer. En tout cas, ce n’est pas grave, parce que le résultat me satisfait pleinement. Une fois qu’on a trouvé son personnage, après les choses vont plus vite. Du moins, je pense… Quel est le moment où tu t’es dit « Voilà, j’ai la couleur de l’album, c’est dans cette direction que je veux aller » ? Est-ce qu’il y a eu un moment précis ? Oui. Je crois que c’est quand j’ai composé « After-show ». C’est la première chanson que j’ai composée. Comme tu sais, je suis très inspirée par le glam rock, toute l’époque David Bowie, Blondie… On ne retrouve pas trop cette couleur chez les chanteurs français, j’avais donc envie de retrouver cet univers. Pour « After-show », je me suis beaucoup inspirée de toute l’époque d’Andy Warhol et compagnie. Quand j’ai écrit cette chanson, j’ai voulu que tout l’album soit dans cet esprit-là, avec toujours un thème fort pour chaque chanson. Je n’aime pas trop chanter des trucs comme « je t’aime, reviens mon amour » etc… Ce n’est pas trop pour moi ! Donc, quand j’ai fait « After-show » que j’ai voulu que mes chansons sonnent comme ça. C’est du glamour, avec toujours des idées d’adolescente Rock’n’Roll. Pourquoi as-tu fait le choix de sortir un EP peu de temps avant l’album ? Parce qu’on trouvait que c’était bien un EP pour commencer la promo web. Ça se fait pas mal actuellement. Et d’ailleurs je pense que dans très peu de temps, les EP vont remplacer les albums. Après, il ne faut pas laisser passer trop de temps entre le EP et l’album. Cet EP, c’est une mise en bouche va-t-on dire !
J’ai choisi en accord avec Demarquise, mon producteur avec qui je travaille sur mes titres. On a choisi les chansons les plus fortes, je pense. En tout cas, les chansons qui amènent les différentes couleurs du disque. « À Priori » est plutôt dans un registre pop/dance, « After-Show », c’est une ballade. « Conversations » qui est plus une chanson à la Philippe Katerine, un peu plus rock/pop. Je trouvais que les quatre chansons reflétaient bien tout l’univers de l’album. Comment travailles-tu avec Demarquise ? Ça se passe comment ? Ça se passe bien ! (rires) En fait, c’est toujours lui qui lance les idées, il me connait tellement par cœur… Il lit beaucoup, il est toujours à l’affût des tendances, etc… « After-Show », c’était son idée, « À Priori » aussi. Il me donne toujours des idées en fait. Puis je travaille dans mon coin avec mes mots à moi. Je lui renvoie le texte. Il le retravaille et le finalise. Ensuite, une fois que le texte est fait, je travaille sur des bouts de mélodies, et lui finit la mélodie. Il y en a toujours un qui commence et l’autre qui finit en fait. On a toujours travaillé comme ça, et ça fonctionne très bien. Ensuite, on travaille avec une équipe de musiciens qui viennent se greffer. On commence les maquettes ensemble, et les musiciens finalisent l’arrangement. Dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés avec Demarquise ? Il y a quelques années, je chantais au Banana Café. Il était venu boire un verre un soir et il m’avait vue. Comme j’habitais dans le quartier du Marais et lui aussi, on s’est revus une fois dans un café. Il s’est souvenu de moi et puis on a commencé à travailler comme ça. Mais il avait bien gardé mon image en tête. Il s’est passé peut-être six mois entre temps. Il m’a présenté un parolier, mais ça n’a pas vraiment collé. À l’époque, je n’écrivais pas et je ne composais pas. C’est lui qui m’a vraiment dit qu’il fallait que j’écrive mes propres textes et que je me mette à la compo. Je me suis mise à la guitare et en deux ans, c’était parti. J’ai attrapé le virus. Et c’est vrai que c’est bien mieux, parce qu’on ne dépend de personne. Après, la porte n’est pas fermée, je suis toujours ouverte à toute proposition de chanson et de texte. Mais je trouve que pour mon style de musique, ça fait plus sérieux quand on est auteur-compositeur. (rires)
Je ne pensais pas que j’en étais capable. Et puis, c’est parfois aussi une question de facilité. On se dit que quelqu’un va tout t’amener sur un plateau d’argent. Mais ça m’a fait du bien d’écrire et composer. Au départ, ça m’a un peu stressée, parce que je pensais que je n’y arriverais pas. Et puis, à force de travailler et de travailler, on y arrive. Et finalement, on n’a que des bonnes critiques, donc, je suis très contente. Griffonnais-tu un peu dans ton coin sans le montrer aux autres ? Oui, bien évidemment. Je n’avais pas assez confiance en moi pour montrer aux autres ce que je faisais. C’est vraiment Demarquise qui m’a donné toute cette confiance, c’est un peu un mentor quelque part. Et aujourd’hui, écris-tu beaucoup ? J’écris et je compose tout le temps en fait. Et c’est d’ailleurs très frustrant parce que quand on finit un album, le suivant est presque déjà prêt. On a toutes les idées. Et comme c’est toujours de mieux en mieux, c’est toujours frustrant. C’est de l’adrénaline, c’est super.
L’album s’appelle « Interview ». Pourquoi ? C’est un hommage au magazine d’Andy Warhol. Qu’aimes-tu dans les interviews? Je trouve ça très agréable. Ça permet de se livrer. Des fois, on en apprend sur soi-même en répondant à des questions. Je prends les interviews comme une thérapie, en fait ! (rires) Les propos sont déformés parfois, mais ce n’est pas bien grave. En se racontant, on en apprend encore sur soi-même en fait. Et qu’est-ce que tu détestes dans les interviews ? Oh des fois, il y a parfois des questions bateau. Ce qui m’énerve aussi, c’est quand on essaye de me comparer à une autre chanteuse. C’est un peu pénible des fois. Mais c’est tout… ce n’est pas très grave en fait. En même temps, c’est aussi un peu normal de comparer. On a besoin d’avoir des repères.
Il y a les textes, il y a la musique, mais il y a aussi l’image… J’ai l’impression que tu prends un malin plaisir à jouer avec elle… J’adore l’image. On est équipé de pas mal de matériel. On fait nos propres clips. Je fais du montage vidéo, du coup, je peux aussi choisir mes images. Je fais mon propre montage pour les clips à venir, et notamment les teasers qui passent actuellement sur internet. Donc, je choisis vraiment les images qui me correspondent le mieux. C’est un vrai bonheur. Et là, on va vraiment de plus en plus travailler sur l’image. On va préparer quatre ou cinq clips en avance pour cet album. Dans chaque clip, on veut qu’il y ait une idée forte. On va d’abord diffuser le clip d’« À Priori », très girly, qui montre une fille très punchy. Le clip d’« Interview », il est terrible, c’est l’histoire d’un fan psychopathe qui suit sa star partout. Pareil, là encore, c’est Demarquise qui a eu l’idée. Il a des idées de fou. Il est un peu taré dans sa tête, comme beaucoup d’artistes. Il a des idées extraordinaires. Donc, on travaille vraiment l’image et chaque clip qui va sortir aura une histoire particulière. Un album comme celui-ci va vivre sur scène, j’imagine… Bien entendu ! Quand on fait un projet comme ça, très glam, on ne peut pas arriver sur scène avec sa guitare sèche, en jean et baskets. Je veux qu’il y ait quand même un peu d’artifices. On va mettre, je pense, des écrans géants qui vont diffuser des images. Tout ça évidemment, ça coûte de l’argent, ce n’est pas évident à monter. Mais je préfère attendre et faire un beau spectacle que faire plein de petites scènes qui n’apporteraient pas la couleur qu’on veut donner. Tu veux garder une cohérence avec l’album. Totalement. C’est important de faire rêver, de proposer un vrai show… On est en train d’y travailler. Pour quand est-ce prévu ? Je pense qu’on fera ça en septembre. On va se préparer tout l’été. Et on va essayer de se programmer une petite scène parisienne à la rentrée.
Mes parents étaient très variété française. J’ai travaillé pour Télé Mélody parce que j’ai justement une culture musicale énorme. En tout cas en ce qui concerne la variété française, parce que mes parents achetaient énormément de disques. Je regardais toujours qui avait écrit et composé la chanson. Donc, je connais tout. J’ai beaucoup de respect pour tous les artistes de cette génération. Certains les critiquent, mais moi, j’ai énormément de recul parce que je trouve que c’était une période formidable. Ils apportaient du rêve, ce qu’aujourd’hui on apporte peut-être un petit peu moins. Donc, pour en revenir à ta question, on écoutait beaucoup de Bashung, de Christophe, de Sylvie Vartan, de Johnny Hallyday… Les Stones et les Beattles aussi. Et puis toute cette variété de la tournée « Âge Tendre et Têtes de Bois ». Je suis contente d’avoir eu cette culture musicale-là aussi parce que je trouve que c’était de vraies mélodies, des chansons qui ont marqué, avec de vrais textes. Et après, tu t’es fait ta propre culture musicale… Évidemment. Ado, j’adorais Madonna, Blondie… C’était un petit peu vieux pour moi, mais j’ai beaucoup aimé Kim Wilde. Après, j’ai eu aussi ma petite période Vanessa Paradis, pour son côté magique. Vanessa Paradis, je trouve que c’est une des seules chanteuses françaises qui apporte quelque chose de magique. Et aujourd’hui, tu écoutes qui ? Katy Perry, Britney… Lady Gaga, évidemment !
Avais-tu des idoles? Madonna, évidemment. Aujourd’hui encore d’ailleurs. Pour moi Madonna, c’est la plus grande. Il y en a qui sont toujours là pour te dire « Oh non, tu ne peux pas dire que tu aimes Madonna ». Et pourtant si, j’adore Madonna. Il n’y a rien de mieux. On parlait de l’image tout à l’heure… Regarde, elle, ce qu’elle a créé. En musique aussi, elle a créé plein de choses. C’est vrai qu’il y a Lady Gaga aussi. Mais Lady Gaga est plus dans l’outrance. Madonna a vraiment créé des modes. Elle a de vraies mélodies. Quand tu les joues au piano, elles sont sublimes. Et puis quand tu regardes les clips d’avant, il n’y a rien à redire, « La Isla Bonita », « Open your Heart »... Tout est fantastique chez Madonna, on peut dire ça comme ça. Tu viens de faire un duo avec Eric Fettweis de Partenaire Particulier, « Pourrir en enfer ». Que représentait pour toi des groupes comme Partenaire Particulier, justement ? C’était des chansons extra !… Je n’ai jamais été tellement fan de Partenaire Particulier, j’étais plutôt fan de personnages. Quand je te cite des gens comme Bowie ou Madonna, j’étais à la limite plus fan de ce qu’ils représentaient que de leurs chansons. Dans le même registre, je préfère Indochine qui a une identité très forte. Par contre, la chanson de Partenaire Particulier, je la trouve très sexy, toujours d’actualité, très moderne. Les gamins adorent ça d’ailleurs. Tous les jeunes, les étudiants sont dingues de cette chanson. Avec Eric, on s’est rencontrés dans un studio. Il m’a proposé le titre, j’ai trouvé que c’était très proche de ce que je faisais. J’ai tout de suite accepté. C’était vraiment super chouette. Les artistes des années 80 sont des artistes que je respecte beaucoup, mais dans ce cas précis je trouve que autant leur chanson, « Partenaire Particulier », était très forte musicalement, autant, ils auraient pu travailler un peu plus leur image et leur look. C’est le seul petit reproche que je leur ferais…
J’imagine que quand on t’a proposé de co-animer « Mélody 80 » sur Télé Mélody avec Christophe Renaud, tu as accepté tout de suite. Ah oui ! Déjà parce que Christophe Renaud est un ami et puis, j’ai une telle culture musicale que pour moi, c’était du pain béni. On racontait une anecdote pour chaque clip, etc… C’était un vrai bonheur. Je me suis vraiment éclatée à faire ça. À quel âge as-tu voulu devenir chanteuse ? Toute petite. On le sent tout de suite. Toute petite déjà, je me déguisais en Madonna, je passais des heures à la maison à reproduire ses concerts. Toute gamine déjà, j’avais le virus. Et puis, j’ai toujours chanté pour les copains… Ensuite, j’ai fait un bac théâtre et des études de littérature. À côté, j’avais un groupe de rock. On chantait pour les fêtes de la musique, on faisait plein de concerts. Et puis Grenoble étant devenu trop petit pour mes ambitions, je suis venue à Paris où j’ai fait des rencontres, des bonnes et des mauvaises d’ailleurs au départ. Et puis, j’ai chanté au Banana Café. J’ai rencontré pas mal de personnes avant de rencontrer Demarquise. J’ai fait pas mal de maquettes qui n’ont pas abouti parce que dans le fond, je pense qu’il n’y avait pas de feeling particulier. Et puis les choses ont réellement démarré quand j’ai rencontré Demarquise. On vient de parler de l’album, de la scène qui se prépare… Quels sont tes autres projets ? J’anime toujours une émission sur Hotmix Radio. Je fais des interviews d’artistes. L’émission s’appelle « L’Afterwork » avec Pascal Sellem. D’autres projets sont en cours, mais pour l’instant, superstition oblige, je me tairai ! (rires) Je préfère ne pas en parler tant que rien n’est signé. Mais oui, en plus de mon métier de chanteuse, j’ai envie de continuer l’animation en parallèle. J’ai envie d’avoir une émission musicale en fait. Je ne suis pas que centrée sur moi-même, j’adore aussi m’intéresser aux autres et en plus, ça permet de relativiser beaucoup de choses. J’aimerais beaucoup proposer une émission musicale un peu comme celle que faisait Jacky à l’époque. Dans le style « Platine 45 »… Exactement ! Est-ce que tu aimes les réseaux sociaux, Facebook, Twitter et compagnie ? J’adore ! Je m’y suis mise il n’y a pas très longtemps, mais une fois qu’on a pris le pas, on est bien branché dessus. Facebook, je suis accro à 100% ! J’y ai fait de super rencontres, ça permet d’échanger directement, puisque je m’en occupe moi-même. Ça ne reste pas que virtuel, en fait. Ah non ! Tu sais, je suis quelqu’un qui est bien dans la vie. J’adore rencontrer les gens. Je trouve ça chouette de se voir face à face et se parler. Mais Facebook permet de faire de belles rencontres. Et je trouve ça très chouette. Je vais te poser une dernière question. Le soir en ce moment, tu es plutôt bar à pédés, jeu télévisé ou resto japonais ? [en référence au texte de sa chanson « Conversations »] (rires) Je suis les trois !! Je mange au japonais au moins trois fois par semaine, je suis dans les bars à pédés au moins trois fois par semaine aussi, et je suis très télé. Mais très tard la télé. Je regarde surtout l’émission d’Ardisson et celle de Ruquier. À l’heure des jeux télé… je suis encore dans les bars ! (rires) Propos recueillis par IdolesMag le 15 mai 2012. Tweet |
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