Interview de Pierre Suppa  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 16/05/2012.
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Pierre Suppa - DR

Après quelques années sans avoir vraiment donné de nouvelles, Pierre Suppa revient sur le devant de la scène avec son premier album, « Romantique Anonyme », un album dans lequel il est bien évidemment beaucoup question d’amour, mais aussi d’humour … Pierre est un romantique du XXIème siècle ! Au cours de notre entretien, Pierre nous expliquera pourquoi ce premier album a mis autant de temps à voir le jour, il reviendra également sur son passage au Château (StarAc 7) et nous parlera de ses nombreux projets. Rencontre avec un artiste romantique qui fond devant les petits mots d’amour écrits sur des post-it…

IdolesMag : Tu n’es pas bien vieux… Mais comment est-ce que ça se fait que ton premier album sorte seulement maintenant ?

Pierre Suppa : (rires) Parce que je pense que pour faire un album, surtout aussi personnel que celui-là où je suis auteur/compositeur, c’est avant tout une histoire de rencontres et de chemin de vie. Il faut le bon moment. Et le bon moment, c’est aujourd’hui, tout simplement. J’ai fait de super expériences, j’ai vécu de belles aventures, j’ai rencontré plein de gens et c’est aujourd’hui que je suis prêt à sortir cet album. Ces chansons, c’est tout de même quelque chose de particulier pour moi.

Depuis quand bosses-tu dessus ? Est-ce que comme souvent pour un premier album, tu as choisi des chansons parmi toutes celles que tu as écrites au cours de ton parcours, ou bien sont-ce des chansons plus récentes ?

En fait, j’ai commencé à écrire cet album en 2009. C’est à cette époque que j’ai écrit la première chanson. Et puis, les autres ont suivi. Il a fallu que je trouve l’angle d’écriture, et le thème, les « Romantiques Anonymes ». Après, j’ai travaillé sur la suite des chansons avec Elise Montbellet essentiellement. Je voulais que ce soit un peu particulier, je voulais que ça raconte une histoire. Chaque chanson raconte une histoire et toutes les chansons mises bout à bout racontent une histoire globale. C’est l’histoire des « Romantiques Anonymes », mais c’est l’histoire de la vie en fait…

Pierre Suppa, Romantique AnonymeConnaissais-tu Elise Monbellet depuis longtemps ?

Elise, je la connais depuis que j’ai intégré la « Manufacture Chanson ». C’est une école de chanson française à Paris qu’on a fait ensemble en 2003. On s’est rencontrés là-bas, nous étions dans le même cours et dans le même atelier d’écriture. Elle, c’est une auteure aguerrie, elle écrit super bien, elle a d’énormes facilités. Elle est vraiment très douée. On a toujours été très très amis depuis la Manufacture et j’ai toujours fait appel à elle. On travaille ensemble depuis toutes ces années.

Quel genre d’auteur/compositeur es-tu ? Est-ce entre guillemets « un état », ou bien écris-tu plus rarement ?

Ça a évolué. Au début, en 2003, j’avais un petit complexe. Je pensais que j’écrivais comme un enfant. Je n’étais pas sûr de moi. Et petit à petit, avec les expériences de la vie, les rencontres, les collaborations, ça m’a enrichi. Je me suis mis à écrire de plus en plus. Aujourd’hui, j’écris beaucoup, même si ce ne sont pas des chansons tout le temps. En ce moment par exemple, j’écris une pièce de théâtre. J’écris vraiment de plus en plus et de plus en plus régulièrement. En général, quand j’écris une chanson, il y a plusieurs étapes. D’abord, je pense au thème et à l’angle d’écriture et après, ça mûrit quelque part dans ma tête. Il peut se passer jusqu’à un mois. Et après, je mets quelques jours pour l’écrire.

Et quand tu travailles avec Elise ?

C’est différent. Je pense à un thème et j’en fais part à Elise quand je pense qu’elle est plus à même  que moi pour écrire cette chanson. Je lui fais part des idées que j’ai eues, que j’aimerais que ça parle de ça, que ça évolue comme ça. Et elle essaye. On travaille comme ça tous les deux.

La pièce de théâtre que tu es en train d’écrire, peux-tu déjà un peu m’en parler ?

Il y a six personnages, mais je ne peux pas encore te donner trop de détails. Ce sera peut-être aussi éventuellement un court ou un long métrage. En tout cas, je suis en train d’écrire là-dessus. J’ai créé les personnages, j’ai écrit le synopsis et là, en ce moment, je rentre dans le détail.

Avais-tu envie depuis longtemps d’aller vers un format plus long que la chanson ?

Disons que c’est totalement autre chose. C’est parce que j’ai plein d’idées et que je ne les mets pas forcément sur le papier. Là, dès que j’ai une idée, je la mets sur papier et du coup, je n’arrive plus à m’en défaire. Donc j’écris, j’écris, j’écris. Quand j’ai des petits moments de blues, j’écris. Quand je vais bien, j’écris. Ça m’aide à avancer et en même temps les thèmes des chansons viennent souvent en écrivant. C’est pour ça que je ne lâche jamais. Mais la chanson, c’est vraiment ce que je veux faire. Être sur scène et défendre mes chansons. Cet album-là, « Romantique Anonyme », c’est vraiment un album qui est magique pour moi. Je suis vraiment très fier et très content de l’avoir fait. J’ai collaboré avec plein de gens de talent, des gens que j’admirais. Mon directeur musical et l’arrangeur principal, c’est quand même Bruno Caviglia, qui est un musicien de grand talent. J’ai la chance d’avoir des musiciens de folie. Sur scène, j’ai la chance aussi d’être suivi et d’être dirigé par Corinne Puget, qui est metteur en scène. Elle est comédienne de théâtre et elle sort son film-là, « Arrête de pleurer Pénélope » avec ses copines, c’est une comédie assez sympa. Et donc voilà, j’ai fait appel à Corinne parce que je voulais aussi une petite mise en scène. Les « Romantiques Anonymes », c’est aussi tout un concept, c’est toute une histoire et chaque musicien, chaque choriste, chaque personne incarne un vrai personnage un peu loufoque. On propose quelque chose de différent. On propose un vrai divertissement à travers des chansons, c’est plein d’amour et plein d’humour.

Tous ces gens avec qui tu as travaillé sur l’album et avec qui tu travailles sur scène actuellement, sont-ils des gens que tu connais depuis longtemps ?

Les deux. Il y a des gens comme Romain Jutard qui est percussionniste de talent que je connaissais d’avant. Et puis Bruno Caviglia m’a présenté certaines personnes. Agnès Hampartzoumian qui fait les chœurs sur l’album m’a présenté Delphine Elbé qui est sur scène avec moi aujourd’hui. Ce sont des gens que j’aime et que je voulais autour de moi… Et puis, Xavier Sanchez, Tristan Bres et Bruno Bongarçon, ce sont des gens que m’a amené Bruno Caviglia. Ce sont des musiciens de talent que j’apprécie beaucoup, aujourd’hui, on est comme une petite famille. Ça fait quand même un an qu’on se connait et qu’on travaille tous ensemble, donc, c’est une vraie famille. On est amis et c’est important aussi d’avoir une connivence entre nous, pour pouvoir la transmettre sur scène.

Pierre Suppa - DR

Une tournée est-elle prévue ?

On est en préparation. Le Divan du Monde, c’était vraiment un spectacle de présentation de l’album, histoire de montrer aussi ce qui pouvait se passer sur scène. Tout ça a été filmé et petit à petit, il y aura des extraits qui seront diffusés. Là, il y a quelques dates qui se précisent, mais tout sera présent sur mon Twitter et mon Facebook prochainement.

Aimes-tu ces réseaux sociaux ou bien les utilises-tu parce que c’est incontournable aujourd’hui ?

En fait, je m’y mets un peu plus aujourd’hui. Sur Twitter surtout. J’essaye en tout cas parce que ça m’amuse. J’ai eu un peu de mal à comprendre comment ça marchait, mais aujourd’hui ça m’amuse. Je trouve que c’est intéressant de partager un vrai moment, entre guillemet « de ma vie », avec plein de gens. Et vice versa. Par contre Facebook, je l’utilise plutôt comme un lien avec des gens qui me suivaient, donc il y a un vrai échange au-delà du fait de mettre des informations. Mon attaché de presse m’a dit qu’il fallait que je m’y mette et donc, je m’y mets tout doucement. Je me prends au jeu, j’aime bien.

Quand est née « PS Je T’M » ?

Elle est née en 2009. Tout au début. Je suis parti sur l’idée de mes initiales, PS. C’était l’idée de base. Quand j’ai trouvé le thème des « Romantiques Anonymes », je suis tombé sur l’idée d’une chieuse remplie d’amour comme j’en ai connues, une fille qui te met des post-it un peu partout. Et ça, c’est le genre de truc qui me fait complètement craquer. Je trouve ça tout mignon, un petit mot d’amour qui te dit aussi d’aller acheter le pain… donc, j’ai décliné ce thème-là et j’en ai fait une première chanson qui s’appelle « PS JE T’M ».

Dans la chanson, tu évoques la StarAc. Quels souvenirs gardes-tu de ton aventure au château ?

Écoute, c’est une aventure extraordinaire. Ce sont des rencontres, des duos avec des stars internationales. Ce sont plein d’aventures et de rencontres différentes. Et toutes ces rencontres m’ont permis de faire cet album aussi. C’est une belle aventure avec plein d’émotions. Je suis très très content d’avoir fait cette émission. J’en parle avec aisance. Mais vraiment, ce que j’en retiens, ce sont les belles rencontres. C’est vraiment une chance d’avoir pu participer à cette émission. Je ne regrette rien, bien au contraire, et c’est d’ailleurs pour ça que j’en parle dans mes chansons.

Pourrais-tu retenter le même genre d’expérience en participant au casting de « The Voice » comme certains anciens candidats l’ont fait, ou en participant à d’autres émissions de télé-réalité sur la TNT ? Ou bien es-tu passé à autre chose ?

Je suis passé à autre chose. Je pense qu’on ne peut pas tout faire. Et puis, ce n’est pas un métier de faire de la télé-réalité. (rires)

Pierre Suppa - DR

Pour certains, ça le devient…

Je sais ! (rires) Disons que c’est plus un moyen de se faire connaître. Moi, j’étais chanteur, j’habitais en province, j’arrivais à la capitale, j’avais envie de réussir. J’ai trouvé la clé pour rencontrer des gens. J’étais dans une situation où je tournais un peu en rond, je ne connaissais personne, donc, j’ai pris ça comme un moyen de me faire connaître. J’ai voulu rencontrer des gens. En plus, j’ai été pris sur un casting sauvage. Donc voilà, j’y suis allé, et une fois dedans, j’ai trouvé ça cool, je me suis dit qu’il fallait que je profite. Et j’ai profité. Maintenant, aujourd’hui, c’est un métier que je fais par passion et pas seulement pour gagner ma vie. C’est un métier de patience et de passion. Aujourd’hui, j’ai cette chance d’avoir réalisé mon rêve et mon album. Je suis très bien entouré. Beaucoup de gens croient en ce projet et j’en suis très très fier. Je suis content de ça.

L’album est sorti dans un premier temps en digital. Une sortie physique est-elle prévue ?

Oui. Dans un deuxième temps. Là, c’est vraiment le tout début et on s’installe en promo tout doucement aussi. Quand on dit « step by step », c’est vraiment ça. On fait notre chemin tranquillement. L’édition physique, ce sera dans un deuxième temps. On avait besoin aussi de se faire découvrir et que les gens écoutent et me connaissent un peu. En plus, il est sorti le 16 avril, une date symbolique pour moi. C’est un signe.

Qui écoutait-on chez toi quand tu étais gamin ?

Quand j’étais petit, on écoutait beaucoup beaucoup de variété en général. Moi, j’écoutais pas mal de raï, c’est ce qu’on écoutait dans le quartier. C’était de la musique du sud, en fait. Et puis à côté, on écoutait du Gilbert Montagné et des trucs comme ça. Mon père, lui, nous faisait écouter les ténors. Il aimait beaucoup la musique classique, les Opéras et les opérettes. Et ma mère, elle, était plus « chanson ». Elle écoutait Edith Piaf et des artistes comme ça. Je me suis donc fait un peu ma propre culture musicale quand je suis monté à Paris en 2003. Et là, je suis allé chiner dans tout ce que je trouvais. Il y a un auteur que j’ai toujours adoré, c’est Gainsbourg, j’étais un fan complet.

Avais-tu des idoles ?

Non. Par contre, il y a un album quand j’étais jeune, vers 14/15 ans, qui a vraiment déclenché un truc en moi, c’est « HIStory » de Michael Jackson. Très peu de gens en parlent alors que moi, j’étais très très fan de cet album-là. Je fonctionne plus par album que par personnalité, en fait. C’est à travers cet album que j’ai découvert toute l’œuvre de Michael Jackson.

À quel âge as-tu commencé à écrire des chansons et à chanter ?

Écrire, c’est venu un peu plus tard, mais chanter c’est venu assez tôt. Chanter, ce devait être vers 14 ans. Je faisais des imitations à l’époque, et notamment des imitations de chanteurs. Je m’amusais comme ça. Je faisais aussi de la danse et du théâtre. Chaque fois que je montais sur scène, j’étais bien sur scène. C’est ça qui m’a certainement pousser à faire de la chanson, et à chanter mes chansons.

C’était vraiment l’envie de scène qui était la plus forte.

Oui, tout à fait. Gamin, j’étais un peu introverti, un peu dans ma bulle. Je ne parlais pas à grand monde, je restais dans mon monde. Je faisais des dessins, et pas grand-chose d’autre. Quand j’étais sur scène, je me révélais, je sortais de moi-même. Et j’y étais bien. Et si aujourd’hui je parle énormément, avant je ne parlais pas beaucoup.

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Après la StarAc, tu es parti aux États-Unis. Une envie de changer d’air ? D’explorer d’autres terrains musicaux ?

Je suis parti juste après la tournée, peut-être un mois après. On m’a proposé de tenter l’expérience là-bas, de faire des scènes et des chansons en anglais. On a donc écrit quelques chansons. Très rapidement, je me suis aperçu que je préférais ma langue maternelle, le français. J’étais plus à l’aise et dans l’écriture et dans l’interprétation. En fait, j’ai besoin de comprendre ce que je dis, tout simplement ! (rires) Donc, voilà, c’est pour ça que je suis revenu en France, mais j’y ai fait de super rencontres. Tout ce que j’ai vécu, autant le théâtre et la danse quand j’étais jeune, l’ACP La Manufacture Chanson, la StarAc, que toute l’aventure aux États-Unis, ça m’a permis d’avoir les armes et la confiance pour faire ce premier album. C’est pour ça, comme tu me le disais tout à l’heure en début d’interview « tu as trente ans et tu fais seulement ton premier album », et bien il m’a fallu ce temps-là en fait. Par contre aujourd’hui, j’ai déjà quelques chansons en vue d’un deuxième album ! J’avance, j’avance…

Sur « Romantique Anonyme », il y a pas mal d’humour dans les textes. Est-ce une nouvelle façon d’écrire ou as-tu toujours écrit dans cette veine ?

Je pense que c’est dans ma personnalité. Les gens qui me connaissent bien le comprennent. Je suis quelqu’un qui a un humour assez particulier. Je ne sais pas comment les gens me voient, mais je suis quelqu’un qui aime l’humour et qui aime rire. La première chose qui m’est venue à l’esprit quand j’ai écrit ces chansons, c’était de ne pas me prendre au sérieux. Dans une chanson, on transmet quelque chose, on parle d’amour ou d’autre chose, mais il ne faut pas se prendre au sérieux. Ça fait partie de ma personnalité.

Pour terminer cette interview, je ne peux pas ne pas te demander si tu es un garçon romantique…

(rires) Mais bien sûr… Du moins, je crois que je le suis. J’en suis même sûr. On est tous un peu romantique. Même si le terme romantique est un peu désuet et dépassé, moi, je suis un « Romantique Anonyme » du XXIème siècle. Dans mes chansons, il y a de l’amour, il y a de l’humour… Je pense à des chansons particulières comme « L’Homme en Plastique » ou à « Speed Dating », ou même à « Si tu t’en vas », ce sont toutes des chansons où l’on parle d’amour, c’est mon romantisme à moi, en tout cas… Le romantisme du XXIème siècle.

Propos recueillis par IdolesMag le 16 mai 2012.








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