Interview de Ivan Callot, Les Rois de la Suède  

Propos recueillis par IdolesMag.com le 05/06/2012.
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Les Rois de la Suède - DR

Emmenés par Ivan Callot (ex-Fatals Picard) et Monsieur Poulpe (Nolife), « Les Rois de la Suède » viennent de sortir leur deuxième album, « Néon Futur ». Nous avons été à la rencontre d’Ivan Callot, afin qu’il nous explique qui sont ces fameux « Rois de la Suède » et qu’il nous parle de leur nouvel album. Nous évoquerons bien entendu le titre « Ta liberté de voler » (sur le téléchargement illégal) qui a créé la polémique en début d’année, les espèces en voie de disparition, les frères Bogdanov aussi… ainsi que la victoire de la Suède à l’Eurovision cette année (le Roi Ivan a lui aussi participé avec les Fatals au fameux concours en 2007). Rencontre avec un « Roi de la Suède » qui ne manque jamais d’esprit !

Notre Interview a été réalisée le 5 juin, ce qui explique qu’Ivan Callot ne parle pas du fait que Mr Poulpe a quitté le groupe.

IdolesMag : Peux-tu rapido me faire le topo des « Rois de la Suède », pour ceux qui ne vous connaitraient pas bien ?

Ivan Callot : Le groupe est né de la rencontre de deux personnes, Monsieur Poulpe, qui est l’autre chanteur, et moi-même. On s’est rencontrés dans une émission de cuisine assez improbable qui s’appelait « Mange ton Geek », une web-émission. J’étais encore dans les « Fatals Picards » à cette époque. On s’est bien entendu. On s’est dit « faisons un truc ensemble ! » Quelques années après, ça nous a pris un peu de temps, on est arrivés avec « Les Rois de la Suède ». Je pense que c’est le choix du nom du groupe qui nous a pris autant de temps !

Les Rois de la Suède, Néon FuturPourquoi « Les Rois de la Suède » justement, le côté Krisprolls ?

Eh bien, on ne sait pas trop !… Il y a eu trop de raisons successives pour arriver à ce truc-là en fait ! C’est indéfendable… Au départ, ça vient d’une comédie musicale qu’on voulait faire et qui était une relecture de « Top Gun », on l’a appelée « Top Gun contre le Roi de la Suède ». Le méchant dans l’affaire, c’était le roi de la Suède. Pourquoi le roi de la Suède ? Ça c’était un truc un peu enfantin et absurde. Et puis, on est restés là-dessus parce que ça nous paraissait vraiment invendable comme titre et on s’est dit que si on partait avec ça, on se tirait vraiment une balle dans la jambe…

Quand on parle de Suède, on ne peut pas ne pas évoquer l’Eurovision. La Suède, c’est un peu la patrie de l’Eurovision…

Ah oui ! Et surtout cette année, ils ont repris le titre !

En tant que « Roi de la Suède », que penses-tu du titre de Loreen, « Euphoria », qui a gagné cette année ?

C’est assez marrant parce que je n’ai pas regardé l’Eurovision cette année. Nous avions participé avec les « Fatals Picards », et donc, depuis, je ne regarde plus, ça me fait trop mal, j’ai trop souffert (rires). Mais j’ai tout de même regardé la chanson qui a gagné. Je trouve que c’est assez dance et assez catchy, il n’y a pas de secret ni de soucis là-dessus. Mais la vraie originalité cette année vient de la mise en scène, qui est assez dépouillée par rapport à la débauche d’effets spéciaux et de lumières qu’on peut voir habituellement. Là, il y avait juste la chanteuse. C’est assez amusant de voir qu’en prenant le contre-pied de ce qui se fait habituellement, elle a gagné… Et puis la chanson, comme je te le disais, c’est une chanson assez classique, très dans l’air du temps, mais efficace !

Quels souvenirs gardes-tu de ton passage à l’Eurovision ? [Les Fatals Picards ont représenté la France en 2007 avec le titre « L’Amour à la française » à Helsinki, ils ont terminé avant-derniers]

C’est un truc un peu entre deux. Toute la partie présélection en France, c’était vraiment super rigolo. On s’est bien amusé avec tous les autres groupes qui étaient là, il y avait les Wampas, les M.A.P., plein de gens qu’on aimait bien. C’était assez rigolo. Une fois arrivés à Helsinki, comme ça se passait en Finlande, ça a été un tout petit peu différent. On découvrait un monde qu’on ne connaissait pas du tout. On se serait crus aux Jeux Olympiques de la chanson ! Nous, on avait l’habitude d’être des gens un tout petit peu reconnus dans le monde de la musique, et là, c’était beaucoup de discipline. On ne pouvait pas avancer au-delà de la ligne jaune. On avait un minutage très précis pour répéter la mise en scène, au-delà, on se faisait éjecter du plateau… C’était très drastique et très rigoureux… ce dont nous n’avions pas vraiment l’habitude ! En gros, là-bas, c’était un tout petit peu moins rigolo que ce qu’on imaginait. Mais c’était amusant tout de même !

Et si c’était à refaire, le referais-tu ?

Oh oui… en espérant un palmarès plus glorieux ! Si j’y retourne, c’est pour être soit premier, soit dernier, pas entre les deux ! Et surtout pas avant-dernier comme on a fait… On était arrivés là pas très préparés en fait. Il fallait faire de grosses présentations sur l’écran derrière nous. Nous on arrivait avec nos propres photos qu’on mettait sur clé USB. On n’était pas trop préparés pour tout ça, je pense.

Après cette parenthèse Eurovision, on va revenir aux « Rois de la Suède »… Qui amène quoi ? Comment bossez-vous tous ?

On crée les chansons à deux, Poulpe et moi. On écrit d’abord les paroles et ensuite, je fais la musique et un petit peu les arrangements. Et puis, il y a tout le reste du groupe qui met sa patte sur le côté live. Le premier album, on l’a fait vraiment tous les deux, donc, c’était très électro dans la démarche. Et puis, au fur et à mesure on a amené tous ces titres-là en concert avec de vrais musiciens. Plus ça allait et plus c’est devenu un vrai groupe de scène. Et là, maintenant, on est cinq sur scène et c’est très musical. Du coup, le nouvel album, « Néon Futur » a un peu hérité de ça. Il est moins électro et plus pop/rock, un peu comme les arrangements qu’on avait faits pour la scène sur les titres du premier album.

Qui apporte les thèmes que vous abordez dans les chansons ?

C’est Poulpe et moi. C’est assez souvent moi, en fait, qui suis à l’initiative des chansons. Après, on écrit vraiment à deux. On a une belle complémentarité. Poulpe est quelqu’un de très facile à vivre pour l’écriture. Les thèmes, ils viennent comme ça… C’est quelque fois un petit peu social, mais un petit peu décalé quand même. On essaye d’avoir une lecture un peu à côté de la plaque de la société, un peu comme si on était des extraterrestres qui débarquaient et qui regardaient la société avec des yeux un peu neuf. On essaye en tout cas. (rires)

Les Rois de la Suède - DR

Vous êtes-vous déjà mis des barrières et dit que non, ce sujet-là, vous ne le traiteriez pas ?

Ça m’arrive de ne pas trouver l’angle, mais je ne renonce jamais! La tournure de nos textes est souvent assez provocante ou plutôt provocatrice. Mais on aime bien essayer d’être irrévérencieux, on aime avoir un ton qui n’est pas scolaire. Du coup, les thèmes eux-mêmes ne sont pas des trucs inabordables. Ce sont des choses pas de tous les jours, mais un peu tout de même. On les aborde juste différemment. Je peux te donner quelques exemples… sur le dernier album, il y a une chanson sur les DJ’s qui est née du constat de ce que j’ai vu sur scène… Je n’ai rien contre les musiques électro, loin de là, mais je trouve un peu dommage qu’ils fassent semblant de faire des choses, alors qu’ils ne font rien, ils se contentent de passer des disques. Pour la plupart, hein ?!... pas tous ! Mais il y a tout de même une forme d’hypocrisie que je trouve assez malsaine. On a une chanson qui s’appelle « Nutelle-moi une dernière fois », qui est une sorte de réflexion un peu débile sur l’extinction des espèces. C’est une chanson sur l’écologie en général, quoi. Les matières premières qui disparaissent, etc… Et du coup, pour ne pas en faire quelque chose de trop sérieux, on a décidé de faire disparaître le Nutella. On prend toujours un angle un peu déviant pour parler de choses sérieuses…

Tu me parlais d’hypocrisie tout à l’heure. Ne trouves-tu pas qu’il y a une belle hypocrisie ambiante en France à propos téléchargement illégal ? Vous, vous en avez parlé clairement avec « Ta liberté de voler ». Le titre a créé la polémique…

On ne tape pas vraiment sur le téléchargement illégal, mais sur les apôtres du téléchargement illégal, tous ces gens qui pensent qu’en légalisant le téléchargement ou en ne le pénalisant pas, on rend service à la culture en général. Et que c’est l’absolution de tous les maux pour la société… En fait, non, c’est la solution qui les arrangent parce qu’ils ont envie de télécharger tranquillement et après, ils évoquent des principes de liberté ou des choses comme ça… des trucs un peu grandiloquents pour pas grand-chose. C’est toujours facile de prôner la liberté quand on est dans le virtuel. Mais dès que ça devient une réalité physique pour eux, ils n’ont plus du tout le même discours. Typiquement, c’est une belle hypocrisie de leur part. C’est devenu de plus en plus difficile pour les artistes parce que les ¾ du public ont adopté cette optique du téléchargement libre et en ont fait une sorte de trafic de base sur internet. Du coup, c’est se mettre son public à dos de dire les choses telles qu’elles sont. Ce n’est pas si grave de télécharger, mais ne me dites pas que ça arrange tout le monde ! Ça fait du mal, on ne vend plus de disques. Ça restructure le marché, certes, peut-être qu’il en avait besoin. Mais ne me dites pas que c’est pour le bien des artistes… Et souvent, les artistes ne peuvent pas le dire, parce que bon… c’est assez mal vu. Certains artistes avaient milité pour Hadopi. Bénabar s’était fait insulter par une partie de son public… C’est incroyable le ressenti que les gens peuvent avoir, cette sorte d’appropriation de la liberté de télécharger qu’ils ont acquise…

C’est devenu banal, en fait.

Ah oui, c’est complètement acquis. Après, je télécharge, et on télécharge tous dans le groupe. On ne voulait pas juger le téléchargement, mais essayer d’expliquer où ça menait. Certains l’érigent en principe et en éthique. C’est insupportable ! Le téléchargement, c’est mal, et il faut l’avoir dans le coin de son oreille quand on télécharge. C’est juste un petit coup de gueule, on a essayé de le faire de façon un peu provocante, de manière à titiller les gens. Et c’est bien réussi, finalement.

Cette chanson remet un peu les choses en place.

Oui. Mais les gens ne sont pas prêts à l’entendre. Il y a tout de même un problème de pédagogie. Nous, on s’est juste fait insulter. Ça a suscité quelques débats, on a eu quelques retours mais la plupart des réactions étaient des réactions primaires, par des gens qui n’avaient même pas écouté deux secondes la chanson. On touche à leur MegaUpload, ce n’est pas possible… Pour eux, MegaUpload, c’est la liberté, alors que ce sont des truands qui arnaquent les gens !!! Ils volent l’argent qui devrait aller aux producteurs et aux artistes. C’est n’importe quoi. Le monde marche sur la tête. Mais eux sont contents de ce fonctionnement. Donc voilà, on avait envie de juste mettre le doigt dessus parce qu’à un moment, il faut arrêter de se voiler la face.

« Néon Futur » est sorti à peu près un an et demi après « Best Of / Vol. 1 ». C’est tout de même assez rapide…

Je vais te dire… le suivant est déjà dans les starting-blocs ! On a déjà pas mal de titres pour le troisième.

Déjà ?

Oui… On a une phase productive en ce moment ! Donc, le troisième devrait sortir l’année prochaine. On  va essayer de sortir un album tous les ans. Le suivant est bien entamé, donc, je pense qu’on va pouvoir tenir nos engagements. « Néon Futur », lui est arrivé assez vite après le premier, parce qu’on ne voulait pas que le public croie que « Les Rois de la Suède », c’était un one shot, un phénomène qui faisait un album et puis s’en allait. Donc, on a voulu très vite refaire un album pour montrer que c’était un réel projet. On avait les textes, on avait les musiques. On ne l’a pas fait juste pour le faire.  Et comme je te le disais tout à l’heure, on a voulu aussi faire un album un peu différent, qui collait un peu plus à l’image du groupe en live, plus rock. Les arrangements et les thématiques étaient un peu différents. On a essayé aussi de faire une espèce de faux double album, avec une face un peu plus sociale et une face un peu plus absurde et plus délire, une face « Néon » et une face « Futur », avec une sorte de pendant avec l’époque un peu bling bling avec le « Néon » et pour « Futur », on n’a aucune excuse, aucune justification possible… On voulait faire un truc sur l’espace, peut-être !

Pourquoi une Face A et une face A’ et pas une Face B ?

On a hésité longtemps, mais j’ai eu peur qu’en indiquant Face B les gens ne retournent leur CD… (éclats de rire). Et puis retourner un MP3… Comment faire ? On ne savait pas trop. Donc, on s’est dit qu’on allait faire A et A’, que ça poserait moins de problèmes, mais en fait, ça pose des questions… c’est fou ! Plus sérieusement, on avait envie de séparer les deux parties comme elles n’étaient pas les mêmes. On aurait pu aussi tout mélanger et ne pas se poser de questions. C’est peut-être un peu interloquent, mais c’est vraiment pas grave…

Les Rois de la Suède - DR

Quand tu étais gamin, regardais-tu « Temps X » ? [« Les Rois de la Suède » parlent des frères Bogdanov dans leur chanson « Les Bosses de la Terre / Twin Powers »]

Forcément ! Il y a une sorte de mythologie autour des frères Bogdanov qui a fait qu’un jour j’ai eu envie de parler d’eux. C’est aussi lié à leur maladie, qui n’est pas très bien expliquée. Ils souffrent d’acromégalie, ils ont des têtes un peu incroyables. On dit que c’est normal, que ce n’est pas de leur faute… enfin, ça forcément ! (rires) Mais à côté de ça, il parait qu’ils ont pris de la DHEA et qu’ils sont responsables de leur propre maladie. Enfin, il y a tout un truc un peu de n’importe quoi autour des Bogdanov. C’était quand même de la science à deux francs. Je suis scientifique à la base et donc j’en avais un peu marre qu’ils soient les emblèmes de la science en France. J’avais envie de faire une chanson à la fois sympathique et à la fois qui les taclait un petit peu aussi… Il n’y a rien de bien méchant non plus !

Donc, tu regardais « Temps X » à la télé… mais quelle musique écoutait-on chez toi à l’époque ?

(rires) Beaucoup de variét’ improbable. J’ai été quand même malheureusement élevé à la variété française. J’ai très vite changé de genre après. J’ai eu une réaction très épidermique en allant vers des groupes de Métal ou de Hard, AC/DC ou autres… Du coup, j’ai vraiment écouté beaucoup beaucoup de choses. J’ai été élevé avec beaucoup d’influences différentes. Ça se retrouve assez peu finalement dans la musique que je fais aujourd’hui. C’est un peu dilué… J’ai écouté les Beatles aussi, Rage Against the Machine, Dominique A. … Beaucoup de choses très différentes en fait !

Avais-tu des idoles ?

Quand j’étais tout petit, mon idole, c’était Claude François. Comme j’ai vu qu’il avait mal tourné dans sa baignoire, j’ai assez vite changé d’idole. Maintenant, je dirais que mon idole, c’est Didier Wampas. Je ne me suis pas construit avec des idoles, et globalement je pense que c’est la meilleure des choses. Mais Didier Wampas est un peu une idole pour moi. Il y a quelque chose d’un peu magique autour des Wampas. Ça n’engage que moi… Mais sinon, je n’ai pas plus d’idole que ça.

À quel âge t’es-tu mis à l’écriture et au chant ?

Je m’y suis mis vraiment très très tard, je préfère même ne pas le dire. Ça révèlerait mon très grand âge et le fait que j’ai une carte senior pour voyager… Mais oui, je m’y suis mis vraiment tard, j’avais une espèce de complexe autour du fait de chanter. Beaucoup de gens m’avaient dit que je ne pouvais pas chanter, que ce n’était pas possible. Donc, j’ai fait des études pour devenir ingénieur du son. J’ai commencé par ça, en fait. Je faisais un peu de musique à côté… Je suis donc venu très tard au chant. Et c’est la création des « Fatals Picards » qui m’a un peu libéré. Du coup, en faisant quelque chose qui n’était pas si musical que ça, qui était plutôt basé sur l’humour, ça m’a complètement décomplexé. On faisait ce qu’on voulait et ça donnait un petit truc brut de fonderie, un peu punk... Surtout dans la façon dont c’était fait, sans règle, sans rien, on était un peu affranchi de tout. Les premiers albums étaient du coup un petit peu rudes, mais au fur et à mesure, ça c’est quand même un peu affiné. Tout ça pour te dire que je suis venu très très tard à la musique. J’ai vraiment mis longtemps avant de monter sur une scène en tout cas.

Écrivais-tu déjà avant, même si ce n’était pas des chansons ?

Non, l’écriture c’est même venu un peu plus tard. J’ai commencé à écrire des trucs d’humour à la naissance d’internet, et ça s’est transformé en « Fatals Picards ». Comme tu vois, c’est une évolution lente, en fait…

Qu’est-ce qui a fait que tu as quitté les Fatals après 10 ans de bons et loyaux services ? Alors que tu étais membre fondateur…

J’étais même le seul membre fondateur à un moment donné ! (rires) C’est un peu la lassitude et d’avoir fait tout ce qu’on pouvait faire. Après avoir fait l’Eurovision, on ne pouvait pas aller beaucoup plus loin… (rires) Et puis aussi, j’avais envie de faire un projet solo. Bon, ça n’a pas très bien marché. Je l’ai développé en parallèle des « Rois de la Suède », et finalement il a été complètement bouffé par « Les Rois de la Suède » qui ont pris un essor plus conséquent. On avait vraiment beaucoup tourné avec les Fatals, à un moment j’en ai eu un peu marre de la vie sur la route. J’avais envie d’arrêter les tournées. Et forcément, deux ans après, ça me manquait déjà et aujourd’hui, on tourne encore plus avec les « Rois de la Suède » ! Je me lasse facilement, en fait, j’ai des lubies, j’ai besoin de faire des choses différentes assez régulièrement. Donc voilà un peu les raisons pour lesquelles je suis parti. Et puis la vie de tournée, les engueulades, tout ça… c’est compliqué ! Ce n’est jamais très simple d’avoir un groupe et je trouve que c’est extraordinaire les gens qui arrivent à rester des années et des années ensemble, à traverser les crises.

Toi qui en avais un peu marre des tournées avec les Fatals… Là, avec les Rois, tu y es encore plus…

Ah oui ! (rires) On est repartis comme en 14. Paradoxalement, avant que je ne fasse vraiment de la musique professionnellement, je n’étais pas du tout quelqu’un de scène. Je n’avais jamais fait de théâtre ou que sais-je d’autre. Si ce n’est peut-être un jour au lycée juste pour rire. Ce n’était pas nécessairement quelque chose qui m’attirait plus que ça en dehors d’un fantasme lointain de jouer devant des milliers de personnes dans un stade. Je ne m’y étais jamais trop essayé et en fait, je sais que les premières fois où on a joué avec les « Fatals Picards » dans des bars et tout ça, j’ai eu l’impression de trouver un peu ma place. C’est un peu présomptueux ce que je te dis, mais j’étais assez à l’aise sur scène, et ça m’a surpris en fait. J’ai assez vite compris la relation avec le public. Avec le temps, on a pu se développer et on s’est tous améliorés sur scène. C’est avec plaisir que je suis sur scène, je ne suis jamais trop stressé, c’est un peu comme si c’était un environnement naturel. Je suis bien sur scène. Donc, c’est aussi un peu normal que « Les Rois de la Suède » se développent sur scène.

Et puis quand on écoute l’album, on se dit que les chansons se sentent un peu à l’étroit sur le disque.

C’est toujours difficile de fixer les choses sur un disque. Les chansons de « Néon Futur », on ne les a pas du tout fait tourner sur scène avant de les enregistrer. Des fois, on le fait, des fois on ne le fait pas. Ça dépend un peu de la configuration. Mais sur cet album, quand on les a enregistrées, pas mal de chansons ont été créées en vue de monter sur scène avec. « Néon Futur » est un peu fait pour aller sur scène. Il y a des chansons qui marchent vraiment très très bien sur scène.

Les Rois de la Suède - DR

Aujourd’hui, les « Rois de la Suède » sont beaucoup sur scène… Est-ce que ça part en live à chaque fois ?

Ah oui, ça part en sucette très souvent… malheureusement. Enfin… Malheureusement pas tant que ça, puisque c’est plutôt productif ! À la base, on écrit tout de même une trame de ce qu’on doit faire. C’est une grosse trame en fait, parce qu’on improvise beaucoup. Monsieur Poulpe, qui chante avec moi, est très doué pour l’impro, il réagit toujours assez bien. Du coup, les concerts, on sait quand ils commencent, pas quand ils finissent ! Ils peuvent faire 1 heure et demie ou deux heures ou même plus… Un simple incident technique de rien du tout peut nous faire partir en vrille ! Parfois, c’est quelqu’un dans la salle qui a fait ou dit quelque chose qui nous inspire. Tout est prétexte à s’amuser ! Les concerts ne sont jamais les mêmes, ça c’est sûr !

Vous aviez envisagé une comédie musicale sur François Mitterrand, la chanson « Socialisme » en est d’ailleurs extraite. Le « Président normal » t’inspire-t-il ?

(éclats de rires) Pas plus de ça pour l’instant ! Il n’y a pas grand-chose qui s’est passé à part cette jolie photo qui vient d’arriver [la photo officielle de François Hollande venait d’être dévoilée peu avant notre interview]. Il y a déjà quelques parodies…  Cette comédie musicale sur François Mitterrand, c’est un projet qu’on voulait faire avec les fatals depuis longtemps. On ne l’a jamais faite et finalement, je suis revenu un peu dessus avec Poulpe quand on a travaillé sur « Top Gun ». Il y a des bouts de « Socialisme » là-dedans. C’était un souhait qu’on avait, cette comédie musicale sur François Mitterrand, on voulait l’appeler « Le nom de la Rose ». On trouvait que ça sonnait bien. Et finalement, c’est resté dans les cartons. Ça fait presque 10 ans que cette comédie musicale est dans les cartons en fait… et on ne l’a jamais faite. Je ne sais pas si elle verra le jour dans l’avenir, je ne crois pas… (rires)

Je vais te poser une dernière question un peu plus perso… Chez toi, c’est plutôt IKEA, Habitat ou Conforama ?

Oh la la… J’ai une cuisine IKEA, mais chez moi, c’est plutôt des meubles anciens, de la récup’, des meubles trouvés sur les brocantes… Il n’y a pas tellement d’étiquette. On va tout de même dire IKEA, parce qu’il y a deux trois trucs de chez IKEA, et puis en tant que « Roi de la Suède »,  il faut que j’aie  un petit ancrage culturo-économique ! (rires) Mais non, je suis plutôt meubles de récup’, et en même temps je te dis ça et là, je suis juste devant un meuble IKEA !

Propos recueillis par IdolesMag le 5 juin 2012.

-> Site officiel : http://lesroisdelasuede.com/








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