Noam fête cette année ses cinquante ans et par la même occasion ses quarante ans de carrière. Pour célébrer dignement cet anniversaire, il sort un double album compilation reprenant tous ses tubes. Sur le premier CD figurent les génériques des dessins animés qu’il a chantés, sur le second les chansons de variété de quand il était enfant. Au cours de notre entretien, Noam reviendra sur les grands moments de sa carrière, de sa découverte par Haim Saban en Israël, sa rencontre avec Mike Brant, ses premiers succès en France, l’enregistrement du générique de Goldorak, à ses activités actuelles. Le dessin animé n’a jamais quitté Noam, il travaille aujourd’hui sur des musiques pour Power Rangers ou Casper… Rencontre avec le chanteur emblématique de « Viens Maman on va danser », « Lollipop » et des génériques de Goldorak, Albator, Esteban et les Merveilleuses Cités d’or, Spiderman, L’Incroyable Hulk, Sheriff fais-moi peur, etc… IdolesMag : Quand est né ce projet de compilation ? Noam : Ça fait déjà un moment que je me tâte de faire ça… Depuis que je suis gamin, je n’ai jamais eu de compile officielle de mes titres. Et puis, avec mes 50 ans, l’idée est devenue plus persistante. Je suis copain avec Christophe Renaud, on a parlé de ce projet ensemble. Au départ, j’avais l’idée de sortir un triple CD, c’est-à-dire un CD avec les chansons de variété de quand j’étais gosse, un deuxième CD avec les génériques de dessins animés que j’ai chantés, et le troisième aurait été un DVD avec toutes les émissions de variété de l’époque. Christophe a passé une semaine à l’INA il y a à peu près un an et il a récupéré toutes ces émissions des années
Pour l’instant, c’est abandonné. Mais je garde précieusement les masters de toutes ces émissions. Ça pourrait être intéressant pour plus tard. J’ai envie de me pencher sur l’écriture de la petite histoire de ma vie… Et donc, ce DVD, pourrait accompagner le livre. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour. On verra plus tard ! Pour l’instant, je garde les masters de côté… il faut juste que je trouve le temps de raconter ma vie à quelqu’un ! Et le temps, il m’en manque souvent ! N’avez-vous pas été tenté de réenregistrer certains titres ? Non. Je crois que ça n’aurait aucun intérêt parce que quand j’étais gosse, j’avais vraiment un instrument magnifique. C’était ce qu’on appelle un cadeau du ciel. J’avais une voix vraiment très aiguë, très puissante et très facile à travailler. J’ai pu impressionner par mon « cadeau », entre guillemets. Aujourd’hui, j’ai une voix d’adulte. Je chante bien, mais je ne pourrais plus faire ce que je faisais à l’époque. Ça me prendrait toutes mes forces. Et donc, ça n’aurait aucun intérêt de rechanter ces chansons-là, ce serait en dessous de ce qui a été fait. Quand j’ai fait l’émission de Patrick Sébastien, ils m’ont demandé de faire trois ou quatre titres piano-voix. Et quand j’ai joué « Viens maman, on va danser » sur le piano, j’ai trouvé ça touchant et différent, mais je n’en voyais pas l’intérêt. Si le public a la nostalgie de moi, c’est de ma voix et de mes chansons de l’époque.
Le visuel de la pochette reprend celui d’un de vos albums, mais dessiné. Pourquoi ce choix ? Cette photo était donc celle de mon deuxième album en France. Je trouvais l’idée de la reprendre en dessin assez intéressante. C’est assez joli, déjà. Et puis, ça faisait un petit rappel à moi quand j’étais gosse. Et comme aujourd’hui, je suis toujours dans le monde du dessin animé, je vis de ça, c’est mon travail, c’était un petit clin d’œil supplémentaire. Quand Christophe m’a montré ce dessin, j’ai trouvé ça vraiment très joli. À côté des pochettes des autres CDs, je trouve que ça sort bien. Écoutait-on beaucoup de musique quand vous étiez gamin ? Beaucoup, beaucoup ! J’ai été submergé de musique dès le jour de ma naissance. Mes deux parents sont musiciens. Mon père a écrit de nombreuses chansons très très connues en Israël. Ma mère jouait du piano. Donc, la musique, c’était vraiment tout le temps à la maison. En plus, mon père était prof de chant et de piano. C’était presque une gare à la maison, tant les gens rentraient et sortaient tout le temps. Il y avait un va-et-vient incessant d’élèves qui étudiaient le piano ou le chant. Et souvent, le soir, on se mettait autour du piano et on chantait des chansons. Donc, j’ai vraiment été baigné là-dedans. En plus de ça, mon frère, qui avait une grande influence sur moi, était un grand connaisseur de musique. C’est lui qui a amené à la maison les premiers 45 tours de Stevie Wonder, de Marvin Gaye, de Carole King,… C’est vraiment lui qui a amené les disques américains à la maison. Je me suis ouvert à cet univers-là grâce à mon frère. Ma sœur, elle, était une amoureuse de jazz, on jouait les disques d’Ella Fitzgerald tout le temps à la maison. Donc, vraiment, la musique était plus que présente.
Oui, vraiment de tout. Mes parents jouaient souvent à quatre mains au piano. Ils faisaient beaucoup de morceaux ensemble. Même quand il y avait des fêtes ou des boums à la maison, ça finissait toujours avec mes parents qui se mettaient au piano et qui jouaient des trucs pour nous les gosses. Était-ce une évidence pour vous de devenir chanteur ? Pas vraiment une évidence, parce que pour devenir chanteur, il faut aussi avoir la voix et des capacités. Mon frère n’est pas devenu chanteur, ma sœur non plus, pourtant nous avons reçu la même éducation. Ils jouent tous les deux de la musique. Mon frère joue extrêmement bien du piano, il chante bien, mais il n’en a pas fait son métier… Par contre, un jour, je me souviens, nous étions au salon, j’étais seul d’un côté et toute ma famille de l’autre. J’ai commencé à chanter pour voir ce que ça donnait. Ils ont été surpris et moi aussi d’ailleurs. Donc, après, je suis allé dans la pièce d’à côté en leur demandant d’écouter. Je me suis remis à chanter et tout le monde a été étonné. Tout le monde était un peu épaté, mais sans plus…
Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Mike Brant ? Quand j’ai compris que j’avais une voix, j’ai demandé à mon père de m’emmener à un casting pour un festival d’enfants qui venait de commencer en Israël. J’ai passé le casting, et il me restait juste à choisir entre deux titres. J’ai choisi le plus lent, une ballade et j’ai chanté. Ça a été un succès énorme. Chaque fois que je chantais sur scène, il y avait cinq minutes d’applaudissements. Ça se passait dans des genres de Palais des Congrès de différentes villes d’Israël. Ça durait deux semaines. Il y avait les gosses qui chantaient et puis les grands qui chantaient les mêmes titres. Le producteur de ce festival s’appelait Haim Saban. Il est aujourd’hui milliardaire et vit aux États-Unis. C’est un des plus grands producteurs de dessins animés au monde. Il avait remarqué les réactions du public chaque fois que je chantais, donc après le festival, il est allé trouver mes parents pour leur proposer un contrat d’enregistrement. On a enregistré et on a sorti un premier disque en Israël qui a fait un tabac. J’ai donc été connu en Israël. Et en 1972, pendant la guerre du Yom Kippour, dès que j’avais fini les cours, je rentrais à la maison faire mes devoirs. Et vers 6 heures, un minibus venait me chercher. Avec plusieurs autres artistes, nous allions chanter en bénévole pour les soldats. C’était la guerre et on allait en tournée dans des bases aux alentours de Tel-Aviv ou dans les hôpitaux. C’était dans le but de remonter le moral aux gens… On chantait dans des conditions absolument minables, c’est-à-dire sans micro, sans rien. Mon père amenait son accordéon. Des fois, on chantait vraiment n’importe comment, juste pour leur apporter du moral. Par contre, parfois, il y avait des galas qui étaient vraiment plus sérieux. Il y avait du vrai son et beaucoup de monde. Et dans un de ces galas, Mike Brant était présent. Il était rentré au pays pour chanter aussi devant les soldats. Après le spectacle, il s’est demandé qui était ce petit garçon qui chantait. Il a dit à Haim Saban qu’il fallait absolument me faire venir en France. Ils en ont discuté ensemble. Et quelques jours plus tard, arrivait à Tel-Aviv Simon Wajntrob, le producteur de Mike Brant. Il était venu avec son avion privé ! Ils m’ont fait faire un petit… casting, dirons-nous, dans le pub de mon père. C’était un petit piano-bar. À minuit et demi, je suis monté sur le piano de mon père et j’ai chanté cinq ou six titres juste pour Mike et Simon Wajntrob. Je me rappelle qu’ils ont été après dans la cuisine qui était derrière. Ils ont signé un protocole d’accord pour me faire venir en France et enregistrer mon premier 45 tours...
J’imagine que quand vous arrivez en France, vous ne parliez pas français… Quels sont vos premiers souvenirs ? Je n’oublierai jamais ma première émission devant le public français. C’était sur Europe N°1, dans l’émission d’un monsieur qui s’appelait Jacques Ourevitch. Son émission était très populaire. Je suis monté sur scène avec Mike. C’est Mike qui m’a présenté au public français. Je ne comprenais rien de ce qu’ils disaient. Jacques à un moment me regarde et me dit quelque chose… et je lui ai répondu « Moi parle pas français » ! (rires) Ça a été le début de ma relation avec le public français. Ils ont passé le disque et derrière ça, j’ai fait les émissions de Guy Lux. Le disque s’est vendu à plus d’un million de copies. Donc, j’ai eu un succès assez immédiat. Pour tout vous dire, j’écrivais mes textes phonétiquement en hébreux. Donc, je lisais en hébreux mais ça sonnait en français. Je me suis fait un petit langage à moi pour les « e », les « u », les « on », les « a »… Haim me lisait le texte en français, et je le transcrivais en hébreux. Comme Mike à ses débuts, d’ailleurs.
En très peu de temps, vous êtes devenu l’idole de toute une génération, en même temps, vous étiez très jeune. Comment avez-vous vécu ce succès ? Ce qui m’a drivé quand j’étais petit, c’était de chanter. J’avais besoin de chanter. En Israël, j’ai fait beaucoup de scène. La scène a toujours été pour moi le moment ultime. Je pouvais avoir en direct les réactions des gens, leurs yeux. Ce que j’étais en train de faire, chanter donc, avait un effet immédiat sur les gens en face de moi. C’est ça qui m’a drivé à continuer ce métier. J’ai vu des larmes, j’ai vu des sourires, j’ai vu des visages étonnants, j’ai vu des couples se former… J’ai vu que ce que je faisais sur scène avait un effet sur les gens qui étaient devant moi. Et j’adorais ça. C’est ça qui m’a drivé. Et c’est pour cette raison que j’ai toujours refusé de chanter, même pour des sommes colossales, dans des bar-mitzva ou des mariages. Parce que pendant les bar-mitzva ou les mariages, il y a des bruits d’assiettes, il y a des serveurs dans tous les sens, il y a des enfants qui courent partout, les gens parlent. Et ce n’était pas pour ça que je voulais être sur scène. Je voulais qu’on écoute mes chansons. Ça m’a fait un bien terrible de monter sur scène et chanter devant un public. J’adorais ça. J’adorais chaque seconde. Avec le fait d’être connu, il y avait des articles dans les journaux et je passais à la radio, on sent qu’il y a une petite différence, mais ça a toujours été agréable. C’est une sensation merveilleuse, on a l’impression d’être un peu différent des autres. Les gens sont plutôt gentils avec vous quand vous êtes connu. C’est pour ça que je n’ai jamais refusé de signer des autographes. Ce sont donc des moments plutôt très agréables. Ce sont des souvenirs magnifiques et extraordinaires. Quand on est jeune, ça peut être tout de même assez violent. Effectivement. Ça peut aussi être un peu dangereux, mais je crois que c’est aux parents alors de gérer ça pour que ça ne vous monte pas à la tête. C’est-à-dire que si vous êtes un petit connard à la maison et que vous faites des bêtises, on vous punit quand même. Mes parents n’ont jamais fait de différence entre mon frère, ma sœur et moi. Je n’ai jamais été plus qu’eux. On était égaux. Mes parents ont presque même fait le contraire ! (rires) Ils parlaient tout le temps de mon frère et ma sœur, en disant que c’étaient eux qui avaient du talent ! Ils m’ont presque énervé sur ce point !! (rires) C’est grâce à mes parents que le succès ne m’est pas monté à la tête.
Complètement ! Comme ils sont musiciens, mes parents savaient que ça allait arriver, qu’à un moment ma voix allait changer et que mon instrument ne serait plus le même. Ils m’ont constamment averti que ça allait changer un jour… Donc, je m’y attendais, et quand c’est venu, c’est venu. Je n’ai pas été traumatisé. C’était juste un peu avant que vous n’enregistriez Goldorak. Tout à fait. D’ailleurs, quand j’ai enregistré le générique de Goldorak, ma voix avait déjà changé. Ma voix de Goldorak est déjà une voix muée. C’est un peu triste cette histoire… Parce que Saban avait signé un contrat où j’allais chanter pour la première fois à Las Vegas pendant l’été. J’allais faire la première partie d’un pianiste méga connu là-bas, Liberace. Il produisait un spectacle formidable avec des éléphants sur scène, il y avait des diamants partout… C’était vraiment un spectacle énorme. J’allais donc faire sa première partie. Ma voix était dans un tel état que je suis allé voir un spécialiste à Paris avant d’aller à Las Vegas. Quand il a entendu ma voix, il nous a dit que chanter deux mois tous les soirs, à ce rythme-là et dans ces conditions-là, ce n’était pas une très bonne idée. Je risquais de bousiller totalement ma voix pour la suite. Donc, on a dû annuler ce contrat-là. Et pour moi, ce devait être fini… Donc, je suis parti à Los Angeles.
Et là, que se passe-t-il, à Los Angeles ? Eh bien, six mois plus tard, quelqu’un appelle Haim et lui demande « si le petit veut bien chanter un générique de dessin animé »… Il m’appelle et me pose la question. Je lui réponds « pourquoi pas ? » et lui demande d’écouter la chanson pour voir si elle me plaisait. J’ai donc écouté le titre et j’ai vu que c’était Pascal Auriat qui en avait composé la musique. Pascal Auriat était le compositeur de « Viens maman on va danser » et de plein des chansons que j’ai chantées quand j’étais gosse. J’adorais Pascal, je le considérais comme un ami, même si nous n’avions pas le même âge. C’était quelqu’un que j’aimais beaucoup. Je suis donc revenu à Paris pour chanter le titre, puis je suis rentré chez moi à LA sans vraiment penser que ça pourrait marcher. Je pensais que c’était une petite chanson de rien du tout. Et puis… Saban m’appelle et me dit que le disque s’écoule à 100 000 copies par jour ! C’était un truc de fou… Et ça a été une vraie surprise pour moi. Après Goldorak, le dessin animé ne vous a plus quitté… Avez-vous rapidement pris conscience que votre carrière prenait un tout autre chemin ? J’avais 16 ans et demi quand j’ai enregistré Goldorak. Et donc, après Goldorak, j’étais encore à l’école, je devais passer le bac. Donc, pendant un an et demi, je n’ai rien fait d’autres que mes études. Ça a été un arrêt assez brutal. Je faisais mes études, je passais mon bac et je suis tombé amoureux d’une petite américaine.
La raison toute simple est que je voulais apprendre à faire de la musique différemment. C’est-à-dire pas chanter, mais écrire, composer et jouer. Je savais qu’Haim Saban avait monté des studios là-bas. Donc, moi, mon but était d’aller au studio et d’apprendre un peu tout ça. Donc, à 18 ans, je l’ai appelé, mais lui m’a dit qu’il avait tout ce qu’il lui fallait. Il m’a demandé ce que je savais faire. Lui n’était même pas au courant que chez moi à LA, j’étais en train d’écrire des chansons. Il ne savait même pas que j’avais évolué, que maintenant je savais chanter, mais aussi écrire et composer. Je lui ai donc dit que je voulais aller le voir au studio. Il était un peu sceptique, mais je suis allé le trouver au studio et nous ne nous sommes plus jamais quittés. J’ai bossé pendant longtemps avec un garçon qui s’appelait Shuky Levi, qui était le fameux Shuky du duo des années 70 « Shuky et Aviva ». Shuky, qui est un génie absolu de la composition, avait déjà commencé à composer plein de génériques de séries. Et donc, avec moi, ils ont trouvé le messie puisque chaque fois qu’il y avait un titre, c’était moi qui chantait ! (rires) Je chantais, j’enregistrais les voix et les chœurs. Je faisais aussi des arrangements, je commençais un peu à faire mon métier d’arrangeur et de compositeur. Il y a même certains génériques que j’ai composés. Ça a donc été la série de tous ces génériques de l’époque avec Goldorak, bien évidemment, mais aussi Albator, Ulysse 31…, j’ai fait les chœurs sur Inspecteur Gadget, la version anglaise des « Mystérieuses Cités d’Or »,il y a eu aussi les Entrechats, Spiderman, l’araignée… Vraiment des tas de trucs. Aimiez-vous ces dessins animés ? Vous en imprégniez-vous ? Je n’ai jamais été un fou de dessins animés, mais j’adorais les titres que je chantais. Et puis, soyons honnêtes, à l’époque, l’argent coulait à flots grâce à Goldorak. Donc, on avait des musiciens à notre disposition tous les jours. Ils étaient là, ils trainaient au studio. Ils devaient être quatre ou cinq. Il y avait un bassiste, un guitariste, un batteur, un pianiste, on avait un saxophoniste aussi. Ils étaient là, et on travaillait avec eux, on faisait des trucs tous les jours. Donc, pour répondre à votre question, c’était plus pour l’amour des chansons et de la musique que pour l’amour des dessins animés à proprement dit. Et puis, je n’avais pas le temps de savoir si j’aimais ou non le dessin animé parce qu’il y avait tellement de travail… qu’il fallait aller vite !
En dehors des génériques de dessins animés, composez-vous aujourd’hui des chansons « classiques » ? Ma première amour, c’est la chanson, c’est l’écriture de mélodies et de belles chansons de variété. J’ai fait un petit break entre 94 et 99. J’ai dit « basta ! » à Saban. Je n’en pouvais plus des dessins animés. Et j’ai écrit des centaines de titres. Je suis revenu à Paris à l’époque. Tant que je restais à LA, je savais que je n’aurais pas le temps. En plus, l’écriture de musique et la composition est un travail un peu particulier. On prend des habitudes quand on écrit des musiques pour des films ou des dessins animés. Ce n’est pas la même chose que pour la variété. Il y a tout de même des mathématiques dans l’écriture. Et c’est très dur de faire les trois en même temps. Il y a des repères qui ne sont pas les mêmes. Il faut se concentrer ou sur l’un ou sur l’autre. Si on veut écrire des chansons de variété, il faut commencer par une ou deux et puis, petit à petit, ça vient. Il ne faut faire que ça. Donc, il fallait que je fasse un break avec le dessin animé pour que j’arrive à faire de bons titres. J’ai donc composé quelques titres et j’ai essayé de voir si je pouvais les placer à droite à gauche… Ce n’était pas évident ! Parce que le milieu a beaucoup changé en quelques années. Ceux qui étaient mes amis quand j’étais gosse, ceux qui étaient dans les maisons de disques, les radios, et même les artistes, étaient un peu moins là à ce moment-là. Donc, il a fallu que je fasse mon petit bout de chemin pour connaître les nouvelles personnes, les nouveaux Directeurs Artistiques dans les maisons de disques… Et j’avais aussi cette réputation d’un gars qui faisait de la musique de dessin animé. Ce n’était donc pas si évident que ça de convaincre. Les gens avaient un peu un a priori. J’ai tout de même eu la chance de tomber sur des gens assez ouverts, et finalement, c’est la matière première qui parle. Quand ils ont écouté mes nouvelles chansons, pas mal de gens les ont aimées. J’ai réussi à placer pas mal de titres à droite à gauche, à des artistes comme Lââm, Julie Zenatti, Patrick Fiori, Hélène Ségara… et même Patricia Kaas ! Un jour, Pascal Obispo m’a appelé. Il voulait travailler avec moi, il voulait que je fasse partie de son équipe. Donc voilà, c’était bien parti… Mais entre-temps, le métier a changé, et j’ai vu la crise du disque arriver… Vers 97/98, j’ai vu les ventes baisser réellement. Et même si j’arrivais à placer des titres, je me rendais compte qu’on n’en vendait plus tant que ça. On ne gagnait plus tant d’argent que ça… Mon fils allait arriver et je me suis dit qu’il fallait que je gagne plus d’argent. Et donc, je me suis mis à refaire des musiques de dessins animés, mais cette fois-ci à mon propre compte. J’ai commencé par une série, puis une deuxième, puis une troisième… J’ai enchaîné et depuis, je n’ai jamais eu un arrêt. Grâce à Dieu ! Je suis donc revenu à mes premières amours !!
Aujourd’hui, sur quels projets êtes-vous ? Je travaille pour plusieurs projets chez Saban à LA, et notamment la série Power Rangers. Il y a d’autres séries qui arrivent. Je n’ai pas encore le droit d’en parler, mais ce sont de grosses séries avec Saban. J’ai aussi fait d’autres musiques pour des séries comme le retour des « Mystérieuses Cités d’Or ». Jean Chalopin, le créateur des « Cités d’Or » a souhaité que je fasse des musiques pour la nouvelle saison. Je suis donc en train de bosser là-dessus. Je travaille sur la nouvelle saison de Casper aussi… Je suis sur plein de projets comme vous pouvez le voir ! Propos recueillis par IdolesMag le 29 juin 2012. Tweet |
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